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Gentiane, Quinquina, Bière Phénix, Frontignan, Kina Belle Laure, et fresques…Nous continuerons à aller chez Maguy ! 

Le passant dans la grand’rue, juste avant le fleuriste, tourna la tête presque instinctivement vers l’entrée de l’ancienne salle municipale. Il s’arrêta, surpris sans doute de voir la porte grande ouverte. Après un instant d’hésitation, il décide d’entrer et là, son regard fut troublé par ses souvenirs. Entre tapisserie déchirée et faux plafond presque écroulé, il ne pu s’empêcher d’entendre et de voir des images d’un passé pas si lointain que cela…Ce passant c’était moi, il y a quelques jours.

Ces quelques mots ont été écrits au mois de février 2013 et donnaient le coup d’envoi de l’écriture de ce qui allait devenir un recueil de chroniques historiques sur Cabannes à l’occasion du centième anniversaire de la publication du livre de Léopold Vidau « Histoire de Cabannes »….Son titre était le même que celui de cette première chronique : On va chez Maguy ?

Le 14 novembre 2013, ce même passant dans la grand’rue, juste avant le fleuriste, tourna la tête mais cette fois volontairement vers l’ancienne salle municipale…

En effet, un incendie avait ravagé dans la nuit ce qu’il restait du bâtiment…

Un sentiment mêlé de consternation, de colère et d’inquiétudes devant l’état de ce lieu dans ce centre ancien de la commune envahit tout d’abord l’esprit du passant pour céder rapidement à une pensée déterminée : « Nous continuerons à aller chez Maguy ! »

L’histoire est tenace, on ne l’efface pas comme cela de notre mémoire personnelle ou collective… et comme le disait l’historien « L’histoire ne nous dira pas ce qu’il faut faire, mais elle nous aidera peut être à le trouver ».

Le passant éprouva donc quelques amertumes et se remémora subitement des images « flash » d’un passé pas si lointain que cela.

Un passé d’images que des « on », au sens du pronom qui désigne un sujet indéterminé, voulaient faire disparaître, car elles étaient sans doute trop, comment dire, jugées subversives.

Ce passant se parla à lui-même et m’interpela.

C’est ainsi que j’évoque aujourd’hui dans cette chronique particulière, deux fresques aujourd’hui complètement disparues. Certes, elles ne datent pas de Pompéi, mais elles avaient droit, toutes deux, à un autre sort que ces « on » leur ont réservé (au sens du pronom qui désigne un sujet indéterminé) …mais ainsi va la vie.

Pour vous présenter ces premières images que je relatais dans un article intitulé « Nanan ! Nanan ! » au sujet d’un cinéma qui se situait juste à côté du café de France, j’ai choisi de ré éditer ce que M. Roger Bougrain-Dubourg, Directeur de l’école d’art d’Avignon, disait sur le sujet dans un bulletin municipal datant de 1998 dont le tire était « Affiches peintes de l’ancien cinéma »…

«  Ayant déjà travaillé pour la ville de Cabannes, il nous parut intéressant de venir voir de quoi il s'agissait exactement. En regardant de plus près et grâce au retrait d'un certain nombre de papiers de surface, il fut possible de voir qu'il s'agissait des publicités peintes sur les murs du grand café de Cabannes, où s'était réuni durant de longues soirées, la télévision n'existant pas, bon nombre de citoyens de la ville.

Ce lieu de mémoire que nous savons maintenant, quelques anciens ont bien connu...fait parti du patrimoine de la ville et met en valeur une tranche de vie où les boissons n'étaient pas encore internationales, et où l'industrie était locale employant une main d'oeuvre importante même si toutes les tâches ne devaient pas être facile à remplir. Il apparut alors que les noms d'Avignon, Noves et autres localités proches représentaient l'espace abreuvant du grand café. De même des noms comme Gentiane, Suze et même Perrier qui ne semblait pas trop fou à l'époque évoquaient des goûts et des habitudes qui nous sont en partie oubliés maintenant. Pour ces raisons d'espace culturel et de tranche de vie, il nous parut très important d'aider à la conservation de ce patrimoine riche en significations multiples. Patrimoine modeste mais si représentatif d'un passé proche et déjà si lointain dans nos nouvelles habitudes. Nous avons alors décidé, en accord, avec la municipalité d'aider à faire comprendre les intérêts de cette découverte en réalisant un test sur 3 affiches. Situées sur des murs différents. Il sera alors possible d'étudier leur comportement avant une intervention plus générale sur l'ensemble des panneaux. La restauration de ces affiches, en les rendant lisibles pour tout le monde, devrait permettre à chacun de prendre conscience qu'elles lui appartiennent, qu'elles sont leur mémoire qu'il faut les sauver et les respecter.

Il faut noter de plus qu'une telle découverte est rare et qu'à ce titre ce qui à l'époque (1905) n'était que de peu de prix, représente aujourd'hui une réelle valeur et qu'il existe un musée de l'affiche qui serait certainement très heureux de posséder un tel trésor. Il faudra plusieurs années pour que la section de restauration de l'Ecole d'Art en collaboration avec la municipalité, traite l'ensemble de ces panneaux, ne pouvant intervenir qu'en fonction d'un programme pédagogique défini. Mais ce cas et l'intérêt que présentent ces affiches nous ont fait accepter d'intervenir pour cette remise en valeur du patrimoine de Cabannes. On peut raisonnablement penser qu'il ne sera pas étonnant dans un certain temps que les affiches de Cabannes deviennent une des curiosités de la région où les touristes sont nombreux. Alors quand ils seront vraiment nombreux, il faudra créer une petite guinguette où fleuriront les nouvelles affiches à vocation internationale et la boucle sera bouclée.

Mais voila, tout ne s’est pas passé comme le laissait envisager cet article du bulletin municipal. Ces affiches ne seront pas devenues une curiosité de la région. Elles ne sont pas non plus exposées dans un musée « heureux de posséder un tel trésor ».

Il n’y a jamais eu de collaboration entre la section restauration de l’école d’art et la municipalité ! Laissées à l’abandon et condamnées à l’indiférence…le temps à fait son œuvre et aucun archéologue ne les retrouvera.

Heureusement, une amie fidèle, lisant la chronique « Nanan, Nanan ! » m’a fait parvenir ces quelques clichés afin que toute notre communauté en garde la mémoire.

En écrivant cette chronique du jour, je ne peux bien sur qu’évoquer une deuxième fresque aujourd’hui disparue mais pas oubliée.

Pendant douze ans, réalisée par 260 enfants de l’école élementaire publique, elle accueillait en leur nom et au nom de la commune les habitants, les visiteurs et les gens de passage « rond point » de la route de Cavaillon.

Son inauguration en 1996 avait fait l’objet d’une couverture d’un bulletin municipal (avec celle de l’installation du Lavoir) mais  son décrochage peu après les élections municipales de 2008 s’est fait en catimini en présence des « on » (au sens du pronom qui désigne un sujet indéterminé) et qui s’étaient pourtant engagés à sauvegarder trace et mémoire de ce qui demeurera pour 260 petits citoyens une fabuleuse aventure.

Aujourd’hui, il reste de cette aventure qu’un cadre vide  dans une facade.

 

Ainsi, Gentiane, Quinquina, Bière Phénix, Frontignan, Kina Belle Laure, et fresques…font en sorte que nous continuerons à aller chez Maguy  car « L’histoire ne nous dira pas ce qu’il faut faire, mais elle nous aidera peut être à le trouver » 

Histoire de Cabannes : Gentiane, Quinquina, Bière Phénix, Frontignan, Kina Belle Laure, et fresques…Nous continuerons à aller chez Maguy !
Histoire de Cabannes : Gentiane, Quinquina, Bière Phénix, Frontignan, Kina Belle Laure, et fresques…Nous continuerons à aller chez Maguy !

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