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Revue de presse

 

L’OFCE prévoit 800 000 chômeurs supplémentaires

La sortie du tunnel, à en croire l’OFCE, n’est pas pour demain. La crise sera « longue et dure » et, contrairement aux prévisions du gouvernement, elle se prolongera jusqu’en 2010. D’ici là, 800 000 personnes auront perdu leur emploi, « soit la plus forte progression observée au cours des vingt-cinq dernières années ».

Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques, la consommation, principal facteur de croissance, sera peu soutenue en 2009 (0,5 %) et à peine plus élevée en 2010 (0,8 %), alors que le rythme de ces dernières années était de 2,6 %. Les investissements ne prendront pas le délais : ils devraient chuter de 6,8 % cette année et de 4,8 % en 2010. Et les banques ne viendront pas à la rescousse du consommateur, car la normalisation du marché interbancaire est très lente, relève l’OFCE, et se conjugue à « une hausse du risque de défaut », ce qui « conforte les banques dans leur stratégie de durcissement des conditions d’accès au crédit » (L’Humanité).

Le gouvernement craint l’explosion sociale

Le gouvernement craint de plus en plus l’explosion sociale, indiquent Les Echos. C’est pourquoi resté jusque là en retrait lors de séquestrations de patrons ou de cadres il s’est décidé à intervenir directement dans le conflit chez Caterpillar. La ministre des Finances a ostensiblement offert ses bons offices pour relancer les négociations. En fait, l’entourage de N. Sarkozy suit de très près les conflits en cours, assurent Les Echos, et se tient prêt à intervenir « au cas par cas » pour rétablir le dialogue dans les entreprises. Mais selon François Chérèque, « s’il y a risque d’explosion sociale dans notre pays (....), il est dans la jeunesse, il est dans la réaction des jeunes face à l’emploi ».

Les inspecteurs du travail ne sont pas des auxiliaires de police

Les inspecteurs du travail ne sont pas des auxiliaires de police. L’Humanité raconte comment la police se sert des inspecteurs du travail comme d’ « ouvre-boîtes ». Grâce à eux, sous le prétexte de problème d’hygiène par exemple, elle pénètre dans des entreprises où elle s’empare de tous les salariés sans titre de séjour régulier. Dans le Rhône, des syndicalistes dénoncent cette priorité donnée à la chasse aux sans-papiers.

La réforme de la naturalisation serait-elle inconstitutionnelle ?

Hier, Eric Besson, le ministre de l’Immigration, a annoncé le nouveau dispositif de naturalisation. Son objectif est selon lui de réduire les délais. Actuellement les demandes sont traitées en moyenne en près de 20 mois alors que le délai légal est de 12 à 18 mois. C’est parce qu’il y a des doublons, a expliqué le ministre. D’où la nécessité de confier les missions d’instruction des dossiers aux seules préfectures, le pilotage et le contrôle restant du domaine de l’administration centrale. Le ministre a assuré qu’il n’était pas question de faire tomber le nombre de naturalisations, actuellement de 100 000 par an.

Les syndicats et les associations dénoncent dans la réforme une rupture de l’égalité de traitement des demandes, sans compter que toutes les préfectures n’auront pas les compétences requises pour traiter de cette matière juridique complexe qu’est la naturalisation. L’historien Patrick Weil, initiateur de la pétition « non à l’arbitraire », illustre son propos de chiffres. Dans les Deux-Sèvres, le taux d’avis négatif aux demandes de naturalisation s’élève à 69 %, dans les Côte d’Armor il n’excède pas 15 %.... Cette « simple comparaison, remarque l’historien, confirme bien que cette réforme est anticonstitutionnelle, puisque les personnes ne seront plus égales devant la loi. Cette réforme est faite pour sélectionner qui on veut naturaliser ou non, suivant des critères qu’on ose pas évoquer aujourd’hui comme l’origine nationale » (Les Echos, Libération).

Libération propose sur son site une interview de Patrick Weil.

Sarkozy en chef de gang UMP

Nicolas Sarkozy doit présenter aujourd’hui une proposition de loi sur les bandes. C’est « Sarkozy à Nice en chef de gang UMP », ironise L’Humanité. Le chef de l’Etat, mis en difficulté sur les questions sociales, espère remonter la pente grâce à une recette qui lui a valu d’être élu en 2007. De leur côté Les Echos remarquent que l’arsenal juridique actuel sur les bandes est « déjà étoffé ». Les mesures annoncées sont jugées parfois « redondantes » par les magistrats et les policiers, rapporte le quotidien. Ce que L’Humanité constate aussi : les policiers sont « dubitatifs » et en ont assez d’être en première ligne. Qu’on leur donne plus de moyens, que l’on mette l’accent sur la prévention. Quant au décret anti-cagoule, il semble inapplicable. Le port de la cagoule sera puni d’une amende. Les policiers interpelleront-ils en pleine manifestation quelqu’un qui porte une cagoule au risque que cela dégénère ?.... Et le militant CFDT qui porte un masque, faudra-t-il l’interpeller ?

Les Echos indiquent que Christian Estrosi, futur rapporteur de la proposition de loi sur les bandes et maire de Nice, vient de faire équiper les policiers municipaux de pistolets tasers. Il a l’intention de faire de sa ville un laboratoire sécuritaire. Selon Le Monde, Christian Estrosi pourrait bientôt retourner au gouvernement et remplacer Roger Karoutchi.

Le Figaro vient à la rescousse de Nicolas Sarkozy en estimant justifié le « nouveau plan d’action réclamé par l’Elysée ». Selon la sous-direction de l’information générale (ex-RG), il y a eu 33 bagarres de bande au mois de mars, soit une par jour, contre 19 au mois de février.

Les villes sont devenues des produits financiers

La sociologue Saskia Sassen, figure incontournable des sommets sur la ville explique au Monde comment les villes sont devenues des produits financiers :

« La finance s’est mise à utiliser la ville elle-même comme un objet d’investissement, privilégiant le court terme et les taux de rentabilité élevés. On construit des immeubles et des équipements non pour répondre à un besoin économique mais par pure spéculation. C’est particulièrement net à Dubaï. Aux Etats-Unis, la crise des subprimes est la conséquence directe de la financiarisation de la ville. La finance a créé des instruments extraordinairement compliqués pour extraire de la valeur même des ménages modestes, en multipliant les prêts immobiliers risqués pour les convertir en produits d’investissement et vite les revendre avec un fort profit. Un mécanisme destructeur pour la ville : des millions de logements sont désormais abandonnés. » « Le meilleur moyen de redynamiser nos villes, ajoute-t-elle, c’est de les convertir au développement durable. »

Une interview à lire en ligne ou sur papier.

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