Que les enfants de nos enfants puissent encore patauger dans cent ans et les treize aventureux !
Nous arrivons au terme de cette première étape de l’écriture de ces chroniques à la recherche « de ce village heureux de nos parents », et je me rends compte que je n’ai pris aucunes vacances. C’est donc en recevant une série de documents aujourd’hui, que je décide d’en prendre quelques unes et d’aller à… Auroux.
Merci à Serge et Chantal de m’en avoir donné l’idée.
Merci à Gaby Chaine de nous avoir rappelé en 1999 l’histoire de la création du foyer rural et celle de la colonie dont il précisait : « Y a des gens courageux dont je citerai les noms, mais dont l’instigateur fut Léon Gauthier…/…Autrement dit, à l’époque, il y a des gens qui étaient capables de faire un emprunt de 20 ans sur leur nom, pour acheter une colonie de vacances qui, à l’époque, coûtait 40 millions de centimes… »
Un article paru dans un bulletin municipal à l’occasion du cinquantième anniversaire précisait les noms de ces « treize aventureux » :
« Auroux est situé en Lozère, au cœur de la Margeride, à 950 mètres d’altitude au bord d’une rivière « le Chapauroux ». Le 10 juin 1947, treize Cabannais aventureux achètent pour 400 000 francs de l’époque le mouklin de Buffières et ses deux granges… »
Etaient cités : L. Gauthier, A. Teissier, P. Vilhet, J. Girard, F. Colombani, M. Lapeyre, M. Mathieu, Dr. Lévy Leroy, R. Sicard, J ; Lubac G. Rieu, P. Pesseguier et G. Mutte.
Madame Carrion précise par ailleurs que la première maison (aujourd'hui bâtiment le moulin) était en bois et avait été emporté par une crue du Chapeauroux aux environ de 1860. Elle avait été reconstruite, pour devenir le moulin appartenant à Mr DEDIEU qui l' a vendu à Mr Pierre TEISSIER qui lui-même l'a revendue ensuite à Mr Aimé TEISSIER
L’histoire commençait….
Au moulin de Buffières il n’y avait ni eau ni électricité et l’accès était difficile…C’est ainsi que le moulin devint cuisine, une des granges devint dortoir, quant à l’autre elle servit de réfectoire. Des tentes sont plantées dans le pré, et le « cagadou », que l'on peut admirer dans la photographie ci après, fut construit sur le béal.
Le 15 juillet 1947, tout est fin prêt pour accueillir les premiers colons.
Ils étaient 60 à faire le voyage en train jusqu’à Langogne puis ils prirent un car jusqu’à Auroux.
L’objet de cette chronique n’est pas de faire un historique précis mais bien de prendre quelques vacances en altitude.
Citons simplement que la colonie deviendra municipale en 1969 et rendons aussi hommage à tous les bénévoles qui ont œuvré et œuvre toujours, de leur temps, de leur courage et parfois de leur argent, pour offrir un accueil privilégié aux « petits colons ». Ce n’est pas Alain Monteil, ni Babeth, ni Chantal, ni Serge, ni Maria, ni Alain, ni Ghislaine, ni Yves, ni bien d’autres pour ne citer qu’eux, qui me démentiront,
Cela fait donc 65 ans que l’aventure se poursuit. Beaucoup d’anciens voire très anciens colons en gardent souvenir ému de leur séjour à Auroux. Il faudrait y consacrer un recueil complet pour retracer toutes les anecdotes…
Sur une de ces photographie transmise par Chantal, Guy, Claude, Jean Paul, Danielle….Les images raviveront sans aucun doute bien des émotions, bien des aventures, bien des péripéties estivales, d’une « bugade » à ces journées de pêche dans la rivière où bien des Cabannais ont appris l’art halieutique, jusqu’au camion offert par Monsieur Bertoli dont je pense qu’il s’agit d’un Peugeot DMA fabriqué par la firme de Sochaux entre 1941 et 1948…
Nous sommes donc en vacances, que cela est agréable…
Imaginons-nous être dans les années 50/60 à la colonie pour inaugurer officiellement la pataugeoire de Buffière…
Le discours de Monsieur Aimé Teissier nous fait bien rire. En haut de forme sa lecture du texte écrit sur du papier toilette est solennelle. Il nous invite au terme de son intervention…reprenons donc avec lui :
« Et pour finir ensemble, nous allons prier :
Sainte baignoire
Amour de pataugeoire
Arène aquatique
Ovale ondulé
Mare de luxe
Fais
Que mes pieds
Mouillés
N’usent pas trop le sortier
Afin que les enfants
De nos enfants
Puissent encore patauger
Dans cent ans
Et se dorer le nombril.
Ainsi soit- il»
Ainsi est, Monsieur Teissier !…
En 2013 la colonie d’Auroux accueille toujours des « petits colons qui vont se dorer le nombril ». La municipalité et l’Association CVLC y veillent et nous portons à connaissance la photographie, prise la semaine dernière, des travaux engagés.
C’est à Monsieur Teissier que je dois le titre de ce recueil « à la recherche du village heureux de nos parents »…Monsieur Teissier était Directeur de l’Ecole Laïque de Cabannes. Venu de Saint Privat de Vallongue dans les Cévennes, après des études d’instituteur à Mende, il fut affecté tout d’abord à Saint Andiol avant de rejoindre notre commune dans laquelle il s’investit et, porté par ses convictions, sera à l’origine, avec d’autres, de bien de réalisations dans le champ social et de l’éducation populaire (AIL, Foyer rural, Colonie, mutuelle…) …il est présent sur cette photographie publiée en 1999 par les amis du vieux Cabannes.
Voila, les vacances se poursuivent et l’écriture de ces quelques petites chroniques historiques va faire une pause pour permettre de préparer une présentation de ce voyage engagé, parti de « Chez Maguy ».
Cela sera le 26 avril à 19heures au centre socio culturel et nous pourrons ensemble à cette occasion débattre des suites éventuelles à donner à ce périple.
Merci encore à tous les contributeurs.
Jacques Rousset et Pierre Caréna.
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