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Chers lecteurs du blog....bonjour !

Ce matin...belle averse ! Et comme il est fréquent la météo du moment me pousse à explorer le temps à la recherche de témoignages sur l'histoire de Cabannes...Cette curiosité dans la toile m'a tout droit amené à lire un article de « La revue universelle » de juin 1920, signé de Jules Véran et intitulé « La génèse de Mireille ».

Je ne vais pas ici retranscrire l'intégralité de cet article pour ne retenir que les éléments ayant trait au rôle majeur qu'avait tenu notre compatriote Adolphe Dumas pour faire connaître « Mireille » en haut lieu dans la capitale, en présentant entre autre Mistral à Lamartine.

Jules Véran commence ainsi son article :

« Avant de faire imprimer Mireille, Mistral résolut d'aller à Paris solliciter les avis de gens compétents et, si possible, obtenir quelque haut patronage. Ses amis, qui pressentaient que le succès de Mistral attirerait les regards sur la Renaissance provençale, l'y avaient encouragé. Enfin, Mistral fut tout à fait décidé au voyage par son jeune ami Ludovic Legré, qui, comme nous l'avons vu, faisait partie de la réunion de juillet 1858 à Maillane, et qui dut particulièrement insister ce jour-là auprès du poète, en lui offrant dans la capitale l'assistance de son amitié... »

Jules Véran poursuit :

« Deux jours après, il annonçait son prochain départ au félibre Louis Roumieux, qui habitait Beaucaire. Il dut prendre le train pour Paris vers le 20 août. Il descendit dans un hôtel de la rue Montmartre, au N° 112. Le temps de prendre l'air de la capitale avec Ludovic Legré pour cicerone, et, le 24 août, il se présentait, en compagnie de ce dernier, chez Adolphe Dumas.

Ce poète oublié avec tant d'autres était d'origine Provence. Il était né Cabannes, dans les Bouches-du-Rhône, en 1805. Chroniqueur, critique littéraire, poète, auteur de plusieurs pièces de théâtre plus ou moins applaudies, il avait, a Pans, une situation assez brillante dans le monde littéraire.

Vers 1856, chargé par le ministre de l'Instruction publique, M. de Fortoul, de recueillir les chants populaires de la Provence, il vint demander quelques renseignements à Mistral pour son travail. Après lui avoir dit tout ce qu'il savait, Mistral lui chanta l'aubade de Magali et lui lut quelques passages de Mireille. Adolphe Dumas fut à la fois étonné et ravi.Il s'en alla sous le charme si bien qu'il se mit lui-même à composer des poésies provençales, qui, après avoir paru dans l'Arrnana prouvençau, furent recueillies dans le volume qui a pour titre Un rameau de raisins. (1865), et ce sont, ces poésies, les seules peut-être qui survivront de son œuvre. Adolphe Dumas était, pour Mistral, le Provençal, le compatriote, presque l'ami, qui avait réussi à Paris, qui faisait figure de grand homme et qui pouvait lui donner la clef du paradis. Donc, le 24 août, Mistral, reçu par Adolphe Dumas, lui lisait les quatre premiers chants de Mireille. Le lendemain, il lui en lisait quatre autres. Le surlendemain, il achevait la lecture. Ce jour-là même, le 26 août, après avoir entendu les derniers vers de Mireille, Adolphe Dumas, enthousiasmé, écrivit la lettre suivante au directeur de la Gazette de France où elle parut dans le numéro du 29 août 1858. »

Jules Véran précise ensuite dans son article :

« Cette lettre restera éternellement attachée à la belle histoire de Mireille. Si le littérateur parisien, égaré par un parti pris d'école, est un peu vif en ses jugements, le Provençal a vu juste. Cette lettre, en ce qui concerne Mireille, est véritablement prophétique. Adolphe Dumas fit mieux encore il présenta Mistral à Lamartine; après s'être lait l'annonciateur de la naissance de Mireille, il alla la présenter au baiser du « grand prêtre » de la poésie, qui devait lui donner la gloire.

Mistral conserva dans son cœur une profonde reconnaissance à Adolphe Dumas.... Il l'a maintes fois exprimée.. Lorsque le poète de Cabannes mourut, en 1861, aux .bains de mer de Dieppe, Mistral écrivit à Bonaparte-Wyse qu'il était mort « comme un poète, comme un martyr, comme un grand homme, seul, sans parents, sans amis, dans une cabane de pêcheurs, entouré de quelques pauvres femmes du peuple en face de l'Océan désert »

Voila donc pour cette petite chronique du jour...

Pour celles et ceux qui souhaitent lire l'article complet de Jules Véran sur la genèse de Mireille, il est accessible avec ce lien : La Revue universelle / dir. Jacques Bainville | 1920-06-01 | Gallica. Et pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur Adolphe Dumas, vous pouvez consulter d'anciennes petites chroniques historiques :

Histoire de Cabannes : Adoufe Dumas, félibre.


Bien cordialement,

Le 20 mai 2025, à Cabannes

Jacques ROUSSET

 

PS : Adolphe Dumas était de Cabannes mais il est né à la chartreuse de Bonpas.

 

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