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Vincent Castagny, maire, modeste savant, visite pastorale en pays rouge et phylloxera satanique...  

Madame, monsieur, chers lectrices et chers lecteurs du blog, bonjour.

Je ne vous cacherai aujourd’hui pas mon grand embarras à commencer l’écriture de cette petite chronique historique sur l’histoire de notre village.

Au hasard de mes modestes petites recherches, j’ai découvert deux articles de presse, un de 1874 et un autre de 1858 dans lesquels est cité Vincent Calixte Castagny qui a été maire de Cabannes de 1840 à 1843 puis une deuxième fois 1871 à 1876.

Ces deux textes ont été publiés pour le premier dans le journal « La Provence » et le deuxième dans « L’Univers », tous deux quotidiens catholiques du XIXème siècle.

Mais à quoi est du cet embarras ?

Traiter d’histoire est tout d’abord pour moi, une invitation à prendre suffisamment de recul pour pouvoir la transmettre et je dois vous avouer mes difficultés en préambule à recontextualiser la lecture de ces articles de presse, tant les périodes dont il est question sont compliquées, à l’image d’un dix neuvième siècle, dès lors que l’on parle de république, de religion, des rouges et des blancs à Cabannes.

Pour lever mon embarras, je ne trouve donc rien de mieux que de vous inviter, avant de lire cette chronique, à ce que vous ayez quelques curiosités sur le contexte de la révolution française, de la première république, de Mirabeau et de Pascalis, de la terreur blanche de 1795, de la compagnie du soleil, de Vendée Provençale, du premier empire, de la restauration, de la révolution de 1830, puis de celle de 1848, du second empire, de la loi Falloux, du concordat de 1808 et la loi de 1905, de Victor Hugo, de la libre pensée...etc...etc...Je sais que cela fait beaucoup, au moins pour moi.

Je n’ai donc rien trouvé de mieux pour décrire cette période que de publier cet extrait résumé de Wikipédia en guise d'introduction :

« La République de 1848 est secouée par une guerre de classes très dure. En réaction à la peur sociale, la bourgeoisie libérale incarnée par Adolphe Thiers se réconcilie avec les conservateurs catholiques. La loi Falloux de 1850 instaure la liberté d’enseignement au bénéfice de l’Église ; les maîtres des établissements catholiques peuvent enseigner sans les titres exigés des autres, ce que Victor Hugo combat avec éloquence mais en vain. Ce succès encourage l’Église à s’opposer aux républicains tout au long du xixe siècle attaquant sans relâche le monde moderne, le libéralisme, la démocratie et la République, dans ses nombreux journaux, dans les prônes dominicaux et dans les encycliques pontificales. L’Église s’inquiète et dénonce l’affaiblissement des convictions religieuses, la montée en puissance du positivisme et du scientisme, mais surtout la menace d’unification de l’Italie que le mouvement nationaliste italien fait peser sur les États pontificaux. La Troisième République est marquée par l'affrontement entre un cléricalisme qui va de pair avec un catholicisme fortement enraciné, un laïcisme agressif et un anticléricalisme parfois virulent mais circonscrit dans les grandes villes et qui se traduit par « une série de mesures laïques… qui parachèvent l'œuvre de sécularisation de la Révolution : laïcisation des hôpitaux et cimetières (1881), suppression des aumôneries militaires (1883), suppression des prières publiques et autorisation du divorce (1884) ». À partir des années 1890, un esprit de conciliation s'instaure sous l'influence des républicains  progressistes.../... »

Mon embarras se dissipant quelque peu, j’en reviens à Vincent Calixte Castagny, médecin à Cabannes.

Dans le recensement de 1841, il était le maire, apparaît son foyer où, étant veuf, il vivait avec sa mère, sa fille et sans doute sa sœur.

Dans celui de 1872, 30 ans plus tard, le recensement laisse apparaître qu’il vivait avec sa fille Joséphine et une domestique, madame Autard.

Venons en à ce jour du 12 novembre 1874 où est publié un long article dans le journal l’univers intitulé « Une fête religieuse...A Cabannes- Provence », à l’occasion de la visite de Mgr Forcade, archevêque d’Aix. En voici un court résumé.

D’entrée, le chroniqueur décrit le contexte, notre région puis  Cabannes ce jour là...

Puis, le journaliste retranscrit l’intervention de monsieur Castagny que voici :

 

Il est évident que ce maire là, en 1874, avait pris le parti de l’église et du cléricalisme...mais ce n’était pas une surprise. En effet, quelques années plutôt, le 29 avril 1858, il accueillait « un infatigable archevêque », Mgr  Chalandon...Le chroniqueur « C.de Wedrille » présentait les choses ainsi :

Puis, ce journal, publiait le discours de monsieur Castagny que je reproduis dans son intégralité :

"Abominables enseignements, monstrueuses doctrines, obscur et abject matérialisme, phylloxera satanique, doctrines impies, philosophie insensée..."Les mots semblent ne pas être suffisants pour inciter au combat contre le développement de la "libre pensée" ou peut être aussi "le communisme qui avait promis sa part de butin dans l'immense spoliation sociale qu'il méditait...".

Ces textes de presse témoignent donc à leurs façons des enjeux et des luttes politiques de cette époque à Cabannes comme ailleurs, entre république et église catholique...A Cabannes, comme ailleurs aussi, la république allait bientôt l’emporter et avec elle la laïcité de nos institutions…

Mon embarras est désormais presque levé, et je vous remercie d’y avoir contribué en prenant suffisamment de recul que nous impose l’histoire à la lecture de cette chronique. Je dis bien presque, car au regard de l’actualité dans notre commune comme ailleurs, je redoute toujours qu’un pouvoir quelconque, petit ou grand, puisse instrumentaliser l’histoire sans la connaître vraiment. Des exemples très actuels ne manquent pas!

Lisons donc avec humilité, ne jugeons surtout pas car il ne s'agit qu'un d'un simple instantané de l'histoire de Cabannes et du pays...et on ne la refera pas! 

Vincent Calixte Castagny, était un maire de Cabannes, certes engagé au côté des "cléricaux", parfois excessif comme l'était l'époque,  mais il a su aussi parfois être maire de tous, dès lors, par exemple, qu’en 1840, comme nous l’apprend le très républicain Léopold Vidau dans sa monographie, il s’est opposé à la majorité du comité communal qui voulait confier l’instruction de la jeunesse aux frères des écoles chrétiennes à la place des élèves de l’école normale.

Précisons enfin qu’en 1840 les maires n’étaient pas élus mais désignés par le Préfet, c’était sans doute le cas en 1874 avant que la législation évolue définitivement en 1884, ou presque, puisque sous le régime de Vichy en 1940 les maires des villes de plus de 2000 habitants étaient nommés également par le Préfet.

Voilà donc cette petite chronique du jour achevée...Qu’elle puisse transmettre aux générations futures le souvenir de Vincent Calixte Castagny, maire de Cabannes.

Vive Cabannes, vive la république et vive la laïcité !

Jacques ROUSSET

Le 6 mars 2023

 

PS: les articles complets...

 

 

 

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