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"Parlamen, Mistraou et Durenço, Souri lés très fleous de la Prouvenço"
Bonjour,

Le vent a enfin légèrement faiblit mais  les températures sont toujours très fraîches mais normales pour la saison. il n’en fallait pas plus pour que je poursuive mes petites recherches journalistiques sur la toile d’évènements qui sont survenus à Cabannes…

C’est ainsi que j’ai découvert dans des  journaux  «Le petit marseillais  » ou "le petit Provençal" de novembre 1886, trace d’une crue de la Durance qui fit de terribles dégâts dans notre commune mais aussi tout au long du cours de cette rivière que l’on nomme souvent fleuve.

Ainsi cette brève petite chronique sera consacrées à cette crue particulière, parmi les nombreuses, qu’a dû subir notre commune et pour cela j’ai relu la chronique intitulée : Le port de Cabannes, les crues, du tragique et trois pouvoirs : Parlement, Mistral et Durance.

Léopold Vidau faisait alors un historique impressionnant des crues de la Durance. L’auteur de « L’histoire de Cabannes » citait : 1358, 1362, 1440, 1651, 1667, 1678,1725 où « l’eau vint dans la ville ; quantité de maisons et douze granges furent démolies ; la population fut obligée de se réfugier à l’église et au château… ». Puis 1728,1755 où « un mistral épouvantable souffla huit jours consécutifs et fît écrouler quantité de maisons que le séjour prolongé des eaux avait déjà ébranlé. ». Et encore, 1758, 1768, 1771, 1790 où suite à la crue « le Directoire autorisa Cabannes et quinze communes intéressées, à réparer ou prolonger les paillières… ».

Et pour terminer, avant d’évoquer les crues de 1906 et 1907, il cite encore les crues de 1801, 1843, 1856, 1882, et enfin celle de 1886 où il précisait « cette crue formidable emporta les ponts de Pertuis, Mérindol, Mallemort, Cavaillon, et une partie de celui de Bonpas… ».

Cet article de 1886 nous apporte donc quelques précisions supplémentaires qui démontrent de l’importance des dégâts occasionnés par cette crue,...à Cabannes.

Lisons donc sans autre commentaire que celui que faisait Léopold Vidau en guise d’introduction au chapitre au sujet de la Durance : « …ses eaux bienfaisantes et fécondes répandent la richesse et la fertilité ; mais la capricieuse rivière fait parfois payer très cher ses faveurs aux riverains… » ...Il savait de quoi il parlait…

Cette crue de 1886 fut donc particulièrement violente. Par exemple elle a emporté neuf arches du pont de Bonpas . Par la suite le conseil général  fit alors appel à Ferdinand Arnaudin  qui était en train de restaurer le pont suspendu d'Avignon. L'ingénieur fit remplacer, en urgence, le tablier en lançant une travée de 103,65 mètres de long, montée sur des pylônes en bois. Mais le pont en bois restait fragile face à chaque crue du gigantesque torrent. La décision de faire édifier, en aval, un pont suspendu de «  type Arnaudin » fut adoptée. Ce pont fut lancé et inauguré en 1894, il mesurait 520 mètres de long et reposait sur quatre travées et fut détruit par l’armée allemande en 1944.

 

Pour terminer cette courte chronique remémorons nous aussi ce vieux dicton provençal : "Parlamen, Mistraou et Durenço, Souri lés très fleous de la Prouvenço"...

Nos voisins et néanmoins amis de Noves et de Caumont seront sans doute d'accord.

 


 

 

Bien cordialement

Cabannes le 24 janvier 2023

Jacques ROUSSET

 

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