En cinquante ans de vie publique,
Sous la cinquième république,
J’ai vu beaucoup d’évolution
Sans qu’il y ait eu de révolution.
Mais aujourd’hui il faudrait la faire
Plutôt que de voir les élus se taire,
Car il est évident et d’actualité
Qu’on est en train de tuer la ruralité.
Or la France est rurale
Et sa production est vitale.
Mais là-haut on semble l’ignorer,
Car tout est fait pour la trucider.
On commence par tuer nos communes
Pour soi-disant économiser nos tunes.
On crée de nouvelles entités
Sans se soucier de la réalité,
C’est-à-dire des besoins de nos administrés
Qui, des services publics, vont être éloignés.
On ferme nos églises, nos postes, nos écoles
Pour nous envoyer vers d’énormes métropoles
Qui bien sûr prennent le monopole
Des pouvoirs que l’on nous vole.
Tout ce qui est petit doit disparaître.
C’est en cours et ce n’est même pas : Peut-être !
Hôpitaux, cliniques, maternités, écoles, communes,
Petits commerces ferment avec amertume.
Quand on parle avec les élus,
Ils disent qu’ils n’en peuvent plus.
Et, pourtant, depuis vingt ans
La majorité se sont tus.
Ils se sont même laissés attirer par la carotte,
Sans se rendre compte qu’on leur passait les menottes.
Avec les intercommunalités,
Dont certains se pourlèchent,
Aujourd’hui, les dépenses se sont multipliées
Sans que la gestion soit simplifiée.
C’est lourd, c’est lent, c’est compliqué
Simplement parce que ce n’est pas adapté.
Alors on prend des bureaux d’étude,
Qui nous saignent comme d’habitude.
Mais croyez-vous que ceci ait servi de leçon
Détrompez-vous, c’est absolument : Non !
Car malgré la douche,
Aujourd’hui on en remet une couche.
Il faut faire le PETR, Projet de territoire
Pour nous éviter le Pays d’Arles, ce qui est illusoire,
C’est-à-dire continuer le millefeuille
En piochant dans notre portefeuille.
Le drame c’est qu’on est en train d’y aller
Avec les Maires et les Députés.
Les leçons néfastes des intercommunalités
N’ont pas suffi à les éclairer.
C’est révoltant de voir autant de naïveté
De la part d’élus pour qui vous avez votés,
Qui sont sensés défendre vos intérêts
Alors qu’ils sont en train de les brader.
Il faut, disent-ils, être force de proposition
Alors qu’il faut simplement dire avec force : Non !!
Et s’il le faut tous ensemble démissionner
Pour les obliger à nous écouter.
Nous avons plein d’arguments négatifs à leur opposer
Face à leurs bêtises avérées.
Mais si j’écris cela avec conviction,
Je ne me fais guère d’illusions.
Trop veulent rester maire
Et pour cela préfèrent se taire.
J’espère pourtant me tromper.
Si c’est le cas, je m’en excuserai,
Car, bien sûr, j’ai pour eux respect et amitié
Et je suis prêt à excuser leur naïveté.
Ils ne sont pas malhonnêtes,
Mais n’ont pas le courage de tenir tête.
A ceux qui croient avoir la science infuse
Et qui ne l’ont pas, je m’excuse.
C’est nous qui vivons la réalité du terrain
Et qui réglons les problèmes du soir au matin.
Rien n’est simple, mais c’est exaltant
Car le bonheur vient aussi en servant.
Ce bonheur, à Mollégès, je l’ai trouvé
Mais aussi ailleurs où j’ai beaucoup donné.
Il faut se battre si nous voulons continuer à œuvrer
Maintenant, car plus tard il ne servira à rien de pleurer.
Pour nos enfants, nos territoires, notre diversité,
Ensemble luttons pour nos libertés,
Dans l’intérêt de la vie publique
Et la grandeur de la République.
Maurice BRES