HISTOIRE DE CABANNES : La grand rue, des commerçants et artisans …la suite et une baïonnette…suivez le guide !
Aujourd’hui nous sommes le Vendredi 6 juin 2014….
Obama, Poutine, Elisabeth 2 seront dans quelques instants sur les plages normandes au côté de notre président de la République pour commémorer le soixante dixième anniversaire du débarquement des forces alliées…Mais c’est d’un autre débarquement , si j’ose dire, que nous allons vous conter.
En effet, en ce 6 juin, j’avais pris enfin rendez vous avec René et mon ami Pierre pour « une remontée de la grand rue et faire appel à leurs souvenirs ».
Vers huit heure trente, cours de la République, nous sommes là tous les trois, à l’heure dites et près à débarquer dans la grand rue à la recherche des commerces disparus.
Le soleil du matin est déjà chaud et la discussion s’engage très rapidement sur la place tout d’abord.

René se souvient de la photographie de mariage de ses parents mariés dans le bâtiment qui est aujourd’hui une pharmacie. Il se souvient aussi de la maison de Jeanne Berthet qui était sur la place et qui accueillait une mercerie. Ce bâtiment n’existe plus aujourd’hui mais on peut l’apercevoir cadastrés sur un plan.


Au fond dit il, à côté de l’agence immobilière il y avait un maréchal Ferrand, un dénommé Sylvain.
« Puis, mais tu connais jacques, il y avait le magasin Guirand où était réparé le vélo d’Ungaro ».

A côté de « la Pizza », René se souvient de la menuiserie Durand…. « Il avait fait le prêchoir à l’‘église ».
Après ce premier tour de place, M. Jullian se souvient de Noella qui se serait rendue à Vichy pour aller rencontrer le maréchal Pétain pour un agrandissement d’un immeuble.
Il m’en faut pas plus pour que j’interroge René sur ces souvenirs d’enfant pendant la guerre et c’est à ce moment là que l’ami Fernand rejoint notre petit conciliabule.
Fernand se souvient d’être aller en bicyclette à Avignon, rue de la République, voir le maréchal avec Madame Genin sa belle mère… « la région n’était pas encore en zone occupée ».
René, lui, se rappelle être avec ses camarades de classe être à une fenêtre de l’école publique pour voir passer les Allemands qui venaient d’arriver à Cabannes.
« Puis, ils nous ont viré de l’école et on est allé à plusieurs endroits : ma future femme était à l’étage à la mairie actuelle, moi j’étais chez «cambe di coulas » dans la traverse du moulin. Ma grand-mère faisait la cantine en bas et nous la classe dans une chambre en haut…Y’avait aussi école à l’ancienne mairie… ».

Soixante et dix ans plus tard, René se souvient aussi que les Allemands occupaient « l’hôtel de Provence » (devenu plus tard Golden hôtel) ainsi que le mas rouge qui a été détruit pour laisser place au foyer rural et aux H.L.M. mais que l’on peut également voir cadastré sur d’anciens plans, c’était aussi un ancien relais de diligence
Soixante et dix ans plus tard, René se souvient encore que les allemands pliaient des parachutes ramenés du camp d’aviation de Cantarel dans la cour de l’école publique et, plus fort encore dit il avec large sourire, que lui-même avait volé une baïonnette à un soldat qui était logé chez Perrot…Et il rajoute : je lai toujours !
Je lui répond : « Non, je le crois pas ! »
Et bien si cette baïonnette existe toujours et je m’engage à vous la montrer. !!!
Fernand et René se souviennent enfin des tickets de rationnement que les Cabannais allaient chercher à la mairie…
Nous étions venu pour évoquer les commerces et voilà qu’en ce 6 juin revient de façon presque impromptu l’évocation d’une période très noire de notre histoire…Revenons en à notre petite balade matinale et suivons le guide.

Nous sommes sur la place, la caisse d’épargne est derrière nous, et nous venons de passer devant le « café du cours » et le magasin « Ferrier » pour entrer dans la grand rue.



Début de la visite....
Sans nous arrêter au café du midi aujourd’hui fermé, juste en face, au 2 bis, René commente.


Il y avait un « casino » avec un triporteur aux couleurs vertes de la maison. En face un « Crédit Lyonnais » était installé au numéro 5, juste avant « Les docks de Provence » ou épicerie Roubaud qui plus tard est devenu « courtier »…


Au numéro 10, il y avait un point de vente de produits agricole, concurrent à René. En face, au numéro 9 l’épicerie Olivier dont le père, « Lucien », était un ancien secrétaire de mairie. Au 12, une fleuriste nommée « Marie » et au numéro 13 « le tabac Vidau »…Pierre lui, se souvient qu’au numéro 16 il y avait Madame Mesa qui vendait des bonbons à l’entracte des séances de cinéma…
Passons vite « le café de France »…Nous en avons déjà parlé !



A gauche, au numéro 1 de la rue Balise nous apercevons l la boulangerie « de Jullian puis de Roman »…Toujours dans la grand rue, nous passons devant le 20 où était le coiffeur « Noble »…




Le Grand café, la boucherie où est aujourd’hui installé un excellent fleuriste était tenue par « Ferrier puis par Chacornac et puis encore Ferrier », puis au numéro 19… « un bijoutier, horloger », Nicolas Rock…Le commerce de Marcel Lapeyre bien sur…




Je me souviens encore du magasin de chaussure de « Madeleine » mais pas qu’au numéro 24 était un autre coiffeur nommé Jérôme Vidau…
Plus loin, René se souvient de la mercerie de Madame Tiran…la femme de Paul et au numéro 30, de la quincaillerie de Lucie Fabre….


Un petit écart à notre projet de ballade matinale nous conduit dans la rue du Dauphin. Au 7 il y avait un cordonnier nommé Barret, au 11 les taxis Rocarpin, au 14 une boîte de nuit, « le Cerf » et au 8 une petite laiterie « où il y avait une vache ».
Nos regards se tournent alors du côté de la rue de « l’ancienne mairie » et nous apercevons avant le café de la renaissance, une quincaillerie mais aussi plus loin sur la gauche le magasin de Francis Mistral qui faisait des produits agricoles, la droguerie Rey, la boucherie Blanc et le commerce de Gabriel Mourgues autrement connu sous le nom d’artiste de « Gaby Jazz » qui « réparait tout ».
Nous revenons dans la grand rue pour nous souvenir qu’au numéro 25 il y avait la boucherie Dumas et qu’à l’époque on disait « on va chez Marie de la boucherie »et qu’au 34, au tabac, avant Emilienne qu’il y avait Doche…Il se souvient aussi plus loin de la maison de « mimi la sourde »…

Au numéro 31 il y avait…une banque Chaix, puis la mercerie de Pauline Causse…
Au numéro 44 bis il y avait un plombier Nicolas Néri « qui bouchait les trous de nos casseroles percées » et qu’en face le garage « Mourgues frères » que nous avons longuement évoqué dans une précédente petite chronique.

Puis au terme de notre remontée de la grand rue au 44, René cite le commerce de madame Fougasse évoqué dans un article intitulé de « PT à HD » et de l’autre côté dans les immeubles détruits pour laisser place aux monuments commémoratifs il y avait l’épicerie de « Lélen »…
Voila, notre promenade se termine mais nous décidons de « redescendre » en empruntant la rue de l’horloge….René se souvient d’un monsieur nommé « Koulloumidjan » qui tenait la boulangerie « ex Vidal » aujourd’hui « Garidel ». Il se souvient aussi d’une pâtisserie installée au 9 rue de l’horloge, d’un maréchal ferrant au 8 bis rue du moulin, de l’épicerie de Florence au 5 rue de l’horloge et de l’épicerie « Eymard » au numéro 14 rue du moulin, de « nenette » et de Gisclet », du bourelier au 2 boulevard des écoles.
Plus loin, en prenant la rue Blache, il se rappelle du magasin « Merle qui faisait dans les cycles »…Notre regard se pose alors vers l’entrée ouest de l’ancienne mairie…avant de se souvenir d’Antoinette Sabatier qui tenait une épicerie.

Nous redescendons la grand rue vers notre point de départ, un regard à droite nous fait voir la rue Eucher Ferrier, ancien maire. René se souvient de Jeanne Mourgues « qui vendait de tout », de « Pesseguier, cordonnier et facteur » et d’une épicerie qui faisait aussi poissonnerie, là où il y a la nouvelle banque.


Nous voila de retour sur la place, il est onze heure quinze et notre périple se termine…
Je remercie René pour avoir donné de son temps et d’avoir fait appel à sa mémoire.
En le saluant au moment de nous séparer je lui souhaite « une bonne croisière » et l’informe que je vais immédiatement allé devant mon clavier pour écrire une nouvelle chronique de peur d’oublier une information car en regardant mes notes prises rapidement dans la grand rue, j’ai parfois de la peine à les relire.
Arrivé au terme de cette écriture immédiate, la chronique est écrite, nous sommes le 6 juin, il est 20 heures, j’ai bien conscience que les éléments que nous rapportons sont très incomplets.
C’est ainsi, qu’avec mon ami Pierre nous lançons donc un appel pour que vous aussi vous puissiez contribuer à ce travail de transmission…N’hésitez pas à nous faire part de vos informations ou souvenirs…
Nous sommes le 7 juin et je relis la chronique écrite la veille….Je décide d’en rester là et de ne rien changer.
Par contre, il est évident que ces souvenirs manquent quelque peu de datations et qu’avec le recul nous avons des difficultés à les situer dans l’histoire. C’est ainsi que pour compléter ce qui est écrit plus haut, je décide de faire appel (une fois de plus) à….Léopold Vidau.
Par chance, est remonté jusqu’à nous (Merci à Madeleine et à Robert) un document unique en son genre : Le recensement rue par rue, quartier par quartier des habitants de Cabannes en 1913, écrit de la main, et à la plume, de grand home, poète, pépiniériste et homme politique.
Ainsi, pour la vérité historique nous portons à votre connaissance la copie de la liste des habitants de la Grand rue (ou rue Royale) en 1913.


L’examen du document complet me conduit également à vous informer de quelques autres informations sur les commerces et entreprises artisanales de l’époque. Etaient entre autre recensés :
Peintre : Henri Bachara
Vanniers : Nicolas, brondel, Dumas
Mécanicien Michel Martin et Guirand
Ferblantiers : Avenin et Néri Antoine
Horlogers : Lacombe et Nicolas Roch
Maréchaux à forge : Michel, Nicolas, Valle, Chauvet, Berlandier, Dumas
Meunier : Hugues, Olivier, Lapeyre
Serrurier : Vigne François
Tonnelier : Barret Etienne
Tailleur d’habit : Barrailler, Mistarl, Dany
Aubergistes : Duprat, Couteron et Bonnard
Bouchers : Luquet, Monier, Thurin, Gayet, Dumas, Baudile,
Boulangers : Dumas, Jourdan, Thurin, Vidau
Bourreliers : Roubaud, Sabatier et Rajustel
Cabaretier : Bonnard, Vouland, Carlavan, Clerc, Galleron
Cardeur en laine : Sabatier
Cordonniers : Espoulier, Galleron, Luquet, Lubat, Lieutaud, Cavaillon, Perrin, Mounier
Cuisinniers : Tarascon, Galleron
Maçons : Reyne, Lure, Aubert, Mouiren, Blanc, Autard, Pességuier,
Notons également les autres professions qui étaient recensées : Broquiers, Charrons, Chirurgiens, Facturiers, Marchand, Mouliniers, Négociants, Officier de santé, Sages femmes, Perruquiers, Revendeurs, Scieurs de long, secrétaire de mairie,….Et aussi au titre « des nouvelles professions » des agents d’assurance, des banquiers, des expéditeurs…etc

Citons enfin qu’apparaît dans le recensement réalisé rue par rue en 1913 par exemple que :
Dans la rue de l’ancien château, Pierreplane Paul Victor était boulanger, Tabouret Théophile, épicier. Dans la rue de l’horloge, Bicheron Marie Anne, épicière, Turion Etienne, Boulanger, Vidau Joseph François, épicier. Dans la traverse de l’église, Roux Pierre, Boulanger, Missol Léon, Photographe. Dans la Traverse Blache, Capouns Michel, Cordonnier. Sur la Place de l’église, Bouchet Clément, Boucher et sur la Place de la mairie, il est mentionné Mistral Léon, Hôtel…Rue du lavoir, Imbard Marie Thérèse, couturière et dans la rue des Religieuses un Vial Jules était charon…
Il serait trop long de les citer tous, je m’en excuse, mais il est comme une évidence l’activité commerçante et artisanale à Cabannes était en pleine expansion, corrélativement avec l’essor agricole comme en témoigne également le nombre de cultivateurs recensés nom par nom en 1913.Nous ne pouvons les citer…il y en a trop !
Voila, cette chronique touche à sa fin…Elle n’a pas pour but d’établir une « vérité historique » mais plus humblement de raviver quelques éléments sorties de notre mémoire collective pour surtout, surtout, qu’ils ne s’oublient pas et d’inviter à la curiosité qu’offre la riche histoire de notre village.
Comme tous les « contributeurs » qui nous permettent de vous faire partager quelques images contées et passées, vous aussi vous pouvez contribuer à ce travail de recherche bien agréable !
Terminons par une photographie de groupe, prise sans doute vers le grand café, pour citer quelques noms des personnes présentes qui nous sont parvenues : Léon Thuy, Joseph Tarascon, Joseph Clerc, Dumas, Julie Teissseidre, Eucher Ferrier, Joseph Lévêque, Martin Lévêque, Marius Lévêque, Félix Imbard et tous les autres.

Merci d’avoir pris quelques instants pour lire cet article.
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