Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

68-7.jpg

L’intersyndicale appelle à manifester dans toute la France le samedi 2 octobre et organise une nouvelle journée interprofessionnelle de grèves et de manifestations le 12 octobre. Les syndicats demandent au gouvernement de renoncer à l’examen de son texte au parlement et d’ouvrir une concertation.

Deux journées nationales de mobilisation, le samedi 2 et le mardi 12 octobre, « des initiatives à tous les niveaux, dans les territoires et les entreprises » notamment pour interpeller les sénateurs, l’intersyndicale a envoyé au président de la République et au gouvernement sa réponse. Une réponse unitaire et déterminée à « l’ignorance de la colère qui s’exprime profondément ». Les syndicats ont visiblement ressenti comme un véritable défi, le déni par le pouvoir de l’ampleur de la journée du 23 septembre. « Mépris insupportable, inacceptable », qui a provoqué jeudi soir « le dégoût de nos militants », jette Laurent Berger de la CFDT en commentant les décisions de l’intersyndicale. « Une provocation du gouvernement  », renchérit Carole Couvert, secrétaire générale de la CFE-CGC, qui dénonce le communiqué de l’Élysée faisant état d’une baisse de la mobilisation une heure avant le départ du cortège parisien. « Le gouvernement s’entête à ne pas écouter… C’est invraisemblable », déplore Marcel Blondel, le représentant de la CFTC. Et pour Nadine Prigent de la CGT, « le gouvernement a choisi l’affrontement et aussi une possible crise sociale d’ampleur ». « Il pousse à la radicalité et c’est un piège », s’inquiète la CFDT.

 

le front des syndicats uni renforcé

Pour le moment, le mépris gouvernemental à l’égard du mouvement social aura surtout réussi à renforcer… le front uni des syndicats. FO, toujours accrochée à son exigence de voir figurer les mots « retrait de la réforme » et Solidaires, d’accord pour la manifestation du 2 octobre, mais qui aurait souhaité une nouvelle journée nationale une semaine plus tôt que le 12, ont continué de faire entendre leur propre musique en refusant de signer le communiqué commun. Mais c’est bien à 8 que les syndicats seront dans l’action les 2 et 12 octobre, tous se disant « pleinement dans l’unité d’action ».

Loin d’une « décélération » ou d’un « essoufflement », pour toutes les organisations syndicales, le 23 septembre a vu le mouvement « s’enraciner » et « s’élargir à de nouveaux salariés », avec une forte présence dans les cortèges et les grèves, de femmes, de jeunes et surtout de salariés du privé. « Un franc succès », assurent-ils. « Cette vaste mobilisation s’accompagne d’un large soutien de la population », note le communiqué intersyndical. « Le gouvernement a perdu la bataille des idées », fait remarquer Bernadette Groison pour qui ce sont les syndicats qui ont imposé le débat sur les retraites. L’objectif de l’intersyndicale reste donc l’élargissement du mouvement. Avec la décision d’une journée de manifestation nationale un samedi, le 2 octobre, ils espèrent permettre à des salariés qui ne peuvent participer en semaine, notamment ceux des petites entreprises, de se manifester. En convoquant dès maintenant une nouvelle journée de grève et de manifestation le 12 octobre, ils veulent continuer à mettre la pression sur le gouvernement et les parlementaires. « Ce que les salariés nous demandent aujourd’hui, c’est de continuer à faire entendre que cette réforme est injuste », souligne le représentant de la CFDT.

 

les salariés encore plus exigeants

Mais qu’attendent les syndicats d’une mobilisation élargie ? Là encore, l’intransigeance du pouvoir, aura surtout permis de clarifier les exigences. Le gouvernement ne s’en sortira pas avec des amendements à la marge de la réforme. « L’attitude du gouvernement rend les salariés encore plus exigeants », note Laurent Berger. Selon le responsable CFDT, « ils demandent que le gouvernement arrête l’examen du texte au Sénat et qu’il ouvre une réelle concertation ». Toutes les organisations syndicales semblent sur cette longueur d’onde. « L’encadrement est dans la rue et ce n’est pas courant, fait remarquer Carole Couvert. Parce que la concertation n’a pas eu lieu, notamment pour un financement pérenne du système des retraites ». Le gouvernement a écrit le scénario d’un bras de fer. Pour le moment, il n’est parvenu ni à fissurer le front syndical, ni à décourager la mobilisation. Et, faute d’avoir gagné l’opinion, c’est lui qui paraît s’être enfermé dans un piège.

Olivier Mayer

Partager cet article

Repost 0