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OUF! Depuis hier soir les marchés sont rassurés....et vous?

 

La crise des dettes publiques en zone euro a atteint un degré exceptionnel de gravité avec, désormais, au-delà de la Grèce, du Portugal et de l'Irlande, le risque d'une contagion, non seulement à l'Espagne, mais aussi à l'Italie. Cette crise systémique témoignent du fiasco de la logique mise en place alors. Visant essentiellement à sauvegarder les intérêts des grands créanciers (banques, assurances) et des spéculateurs (Hedge funds, OPCVM..) sur les marchés, avec des politiques d'austérité sociale et salariale ravageuses dans les pays en difficulté, la casse des systèmes de retraite et des services publics, la relance des privatisations. Le cas de la Grèce est malheureusement exemplaire avec un premier plan dit de « sauvetage » auquel le PCF a été le seul à s'opposer au Parlement: La croissance réelle a été brisée avec l'explosion du chômage et l'écrasement des salaires réels (-8,9% entre 2008 et 2011), aggravant le déficit budgétaire (+6% de 2008 à 2011) et accentuant, en pratique, l'accumulation des dettes, malgré les énormes sacrifices imposés au peuple et le bradage des atouts nationaux. La dette publique de la Grèce qui était de 105% de son PIB en 2008 approche,désormais, 150% ! Dans chaque pays de la zone euro susceptible d'être pris pour cible par les marchés, en France y compris, les gouvernements, sur injonction de la BCE et de leur principal créancier, l'Allemagne, se sont lancés dans une surenchère à l'austérité qui empêche l'Europe de sortir des difficultés. De partout l'épouvantail de la dette est agité pour obliger les peuples à vivre au rythme imposé par les agences de notation et les écarts de taux d'intérêt avec l'Allemagne. En France, notamment, une union sacrée se cherche pour faire se résigner les salariés, le retraités, les chômeurs à de nouveaux crans dans la politique d'austérité en acceptant l'échéance 2013, négociée par Sarkozy avec Bruxelles, pour faire revenir le déficit public sous la barre des 3% du PIB. Cette fuite en avant et le choix d'une politique du « goutte à goutte » voulue par les dirigeants allemands poussent toute la zone euro vers la catastrophe et encourage, en fait, les paris prédateurs des grands fonds spéculatifs, américains notamment. Face à cette situation si grave, il faut refuser la fausse alternative dans laquelle on cherche à enfermer le débat politique en France et en Europe: soit sortir de l'euro, soit faire un bond en avant dans le fédéralisme européen. L'enjeu est bien celui de commencer à rompre avec cette logique qui consiste à faire accumuler de nouvelle dettes pour tenter de régler celles en cours en empruntant toujours plus sur les marchés financiers. Il faut viser une autre utilisation de l'euro, de la création monétaire de la BCE, du crédit bancaire, des fonds publics nationaux et européens avec, en contrepoint, une lutte déterminée et d'ampleur contre la spéculation, chacun chez soi et avec les autres. Le sommet extraordinaire d'aujourd'hui devrait impérativement chercher à aller dans ce sens. Il faut des mesures d'urgence d'aide effective à la Grèce pour réduire sa dette publique et lui procurer les moyens d'une nouvelle croissance réelle créatrice d'emplois, avec un essor conséquent de la formation, de ses services publics et des investissements efficaces pour rattraper ses retards de développement. Cela exige, dans l'immédiat, une reprise des rachats de titres grecs de dette publique par la BCE qui les a interrompus depuis plus de deux mois. Mais il faut, simultanément, de nouvelles interventions de solidarité européenne des États pour un développement de progrès social et un rattrapage effectif des retards de productivité des pays en difficulté. Il s'agirait d'engager un rééquilibrage des rapports économiques intra-européens, vers une nouvelle solidarité confédérale à l'écoute des pays en difficulté et non pour les dominer. Il est indispensable de commencer à frapper très durement les spéculateurs et mettre à contribution les institutions financières. La mise en place d'une taxe Tobin sur les transactions financières est essentielle. Les banques, les sociétés d'assurances, le OPCVM et tous les fonds spéculatifs doivent être mis à contribution via un prélèvement spécifique et les opérateurs qui se sont assurés contre un risque de défaut grec dans un but essentiellement spéculatif doivent être particulièrement pénalisés. Les fonds publics ainsi collectés devront être affectés pour une réduction de la dette publique grecque. Le PCF et le PGE proposent de remplacer l'actuel Fonds européen de stabilité financière par un Fonds social et solidaire pour le développement européen. Les titres nationaux de dette publique émis seraient rachetés par la BCE à un taux d'intérêt nul dont les recettes alimenteraient ce nouveau Fonds. Il serait chargé de les répartir, démocratiquement, entre chaque pays, selon leurs besoins respectifs, dans le but de développer leurs services publics et leur potentiel de croissance sociale nouvelle en coopération, au lieu d'une création monétaire inflationniste. Inséparablement, il s'agit de réorienter la politique monétaire de la BCE dont le contrôle doit être assuré par les parlements européen et nationaux. Le taux d'intérêt auquel elle assure le refinancement des banques ordinaires doit être abaissé voire anéanti afin que les crédits qu'elle refinance servent à des investissement programmant plus de créations d'emplois et de formation correctement rémunérés. C'est dire l'importance de se rassembler pour exiger de nouveaux pouvoirs des salariés sur les gestions des entreprises et la création d'un pôle public bancaire et financier en France comme dans chaque pays européen visant à développer un nouveau mécanisme de crédit pour sécuriser l'emploi, la formation, les salaires, simultanément à la mise en œuvre d'un nouvelle politique fiscale. C'est sur ces bases-là que l'Europe pourra faire reculer ses divisions, se tourner vers les besoins énormes de développement du monde arabe en révolution et de l'Afrique sub- Sahara en visant un nouveau plan de type Marshall sans domination. C'est ainsi qu'elle pourra se rapprocher des pays émergents, en Asie, en Amérique latine, en Europe, pour faire reculer le rôle du dollar et aller vers la création d'une monnaie commune de développement, à partir des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI et d'une refondation des institutions monétaires, financières et commerciales internationales.

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