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 En 1921, Léopold Vidau publiait un livre « IS OURGOUNEN » «  Vendu au proufié doù monnimen i Mort » d’Orgon. Ce petit opuscule nous informe sur :  qui était Léopold Vidau...

 

Voici donc l’ « AVANT PREPAUS » écrit de sa main en langue Provençale puis Française….

 

Siéu na en Ourgoun lou 5 d'abriéu 1862, pourriéu dire, pèr azard ; car mi parent demouravou à Cabano, doun ma raço èro ouriginàri, mai ma maire estent d'Ourgoun, vénguè faire si coucho encô de si gènt, que ié disien Peyré lou Boucanur, et lîahèu de Peyré, menanvon un cafétoun au n° 4 de la plaro don Marcal, oro perèu courdié, lou vesé enuaro pigno. soun candie darne Saùvi, e me prou-mettre dous liard pèr qn'annesse Ion dijou vira la rodo sus la dougo de vers li pieletto ; touti se rcmémbre que coumo pedoun à mai de quarante an à la lilado ponrta li lettre dins tout lou terraire d'Ourgoun cmai don l'ian.

Li circounstènci de la vido me ié rameneron. Moun paire, qu'emé moun ouncle Guslavo, e moun grand Jean Véran, (de la Roletto), qu'asseguravon li service di vituro e de la malo d'Avignoun, de Seloun, de Cavaioun à la nouvelo garo de Counstantino (alias Miramas), vesènt cala lou travail, subre tout à la seguido de la messo en ativita de la ligno Cavaioun, Miramas (mai 1872), se serguèron d'autri pousicioun ; nouma gardo aigadié au canau dis

Aupiho, vénguerian demeura en Ourgoun : ounte coumo un lieu d'or s'es desbanado tôuto ma vido de barbèu.

Après moun service militari, me sièu marida à Cabano, i'aviéu un pou debèn ; amé de tout moun cor aquèu galant e fresqueirous païs, ounté i ai trouva Jou bonur, de gaiard sagatun ié reflourisson ma raço ; mai mau-grat tout quand entende clanti lou noum d'Ourgoun, tout moun estre tréfouli e quand vése si viei déroui temoun d'un glourious passa s'ouboura majestuous sous lou cèu blu de nôsto iradiouso Provence, moun cor sautiejo coume un jouve cabri.

A si gènto dono, flour dôu terradou miéjournau à mi coumpatrioto, à mi cambarado d'enfanco, à si drôle mort au camp-bataié pèr la Patrio, semounde aquest pichoun librihoun, que n'a qu'uno pretentioun, prouva moun afecioun pèr eli e mounestacament indéfetible au brès natau.

 

Léopold Vidau.

Juin 1921

 Orgounen

 AVANT PROPOS

 

Je suis né à Orgon le 5 avril 1862, je pourrais presque dire par hasard, car mon père Jules et ma mère Thérèse demeuraient à Cabannes, dont ma race était originaire ; mais celle-ci étant d'Orgon, vint faire ses couches chez ses parents, qui avait nom Peyré, dit le Boucaneur, et Isabeau ; ils dirigeaient un modeste café place du Marché n° 4, mon grand père exerçait également la profession de cordier, je le vois encore peigner son chanvre derrière Saùvi, et me promettre deux liards, pour que le jeudi j'aille tourner la roue, sur la chaussée du canal, près des pilettes, et tous se le rappellent que, comme facteur des postes pendant plus de quarante ans consécutifs, il distribuât les lettres dans tout le terroir d'Orgon et celui du Plan.

Les circonstances de la vie me ramenèrent au berceau. Mon père, qui avec mon oncle Gustave, et mon grand-père Jean Véran Vidau, (de la Rouleto) assuraient les services de voitures d'Avignon, de Cavaillonj par Eyguières à la nouvelle gare de Constantine (alias Miramas) concurrencé par le chemin de fer et voyant diminuer le travail, surtout à la suite de la mise en activité de la ligne Cavaillon-Miramas(mai 1872 se vit dans l'obligation de s'assurer une autre position, nommé garde du canal des Alpines en 1868 nous vînmes demeurer à Orgon, où comme un fil d'or toute ma jeunesse s'est égrenée.

Après mon service militaire, je me suis marié à Cabannes, où j'avais quelques biens, j'aime de tout mon cœur ce joli et frais village, où toute une longue lignée de Vidau est née, ont vécu et sont morts, j'y ai moi-même trouvé le bonheur, de gaillardes pousses y perpétuent ma race ; mais malgré tout quand j'entends raisonner le nom d'Orgon, tout mon être tressaille, et quand je vois ses vieilles ruines témoins d'un glorieux et prodigieux passé, se dresser majestueuses sous le ciel bleu de notre radieuse Provence, mon cœur bondit comme un jeune chevreau.

A ses gracieuses dames, fleurs du terroir méridional, à mes compatriotes, à mes camarades d'enfance, au souvenir de leurs fils morts pour la patrie au champ d'honneur ; j'offre ce petit livre, témoin de mon affection pour eux tous et de mon attachèrent indéfectible au berceau natal.

 

Léopold Vidau.

Juin 1921

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ARMOIRIES-DE-CABANNES-copier.jpg

 

Merci à la fidèle lectrice de ce blog qui m’a confié cet ouvrage.

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