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HISTOIRE DE CABANNES : Urbanisme et le village heureux de nos parents…

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1974…Monsieur Aimé Tessier avait pris la plume dans le livret écrit à l’occasion des 25 ans de la « FRATERNELLE »…Le titre de l’article que nous reproduisons ci après était « URBANISME »…

Au terme de l’article, ce grand instituteur, posait cette question :

« Que nous réserve l’avenir ? Comment se posera le problème du logement à CABANNES en l'an 2000 ? »

Puis plus loin en conclusion :

« Nous ne pouvons que souhaiter que cette évolution liée au progrès ne fasse pas demain de CABANNES un village ''dortoir' et nous fasse regretter le village heureux de nos parents, où l'on travaillait dur certes, mais sans contraintes ni cauchemar paperassier, ni pollution. »

 Depuis l’écriture de cet essai qui traite d’habitat, de logements, et d’aménagements, des lotissements, une zone artisanale, un complexe sportif  et un lac ont vu le jour, une rocade a commencé sa percée au nord du territoire sans que l’on en mesure encore réellement les conséquences… La question que nous pourrions nous poser n’est elle pas identique à celle que posait Aimé Tessier ? Qu’en sera-t-il en 2050 ? Cabannes sera-t-il ce village heureux de nos parents ?

Le thème mériterait sans aucun doute étude et réflexion à l’heure de l’élaboration du P.L.U…

Pour l’instant, nous publions d’une part 2 cartes postales, vu du ciel, qui, à bien les regarder, nous font partager la nostalgie exprimée par Monsieur Tessier et dont l’écrit était quelque peu visionnaire.

D’autre part nous publions les 2 graphiques publiés en 1974 ainsi qu’un cliché de Cabannes vu d’un satellite…

Vous pouvez cliquer sur les cartes pour les agrandir et lire ensuite l’article « URBANISME ».

Jacques R.

 village-ecole-avioncopier.jpg

Article écrit en 1974 par M. TESSIER AIME dans le livre de la FRATERNELLE :

URBANISME

REFLEXIONS SUR LE PROBLEME DU LOGEMENT A CABANNES

 

Depuis des millénaires notre territoire de la basse vallée de la Durance a été habité. Certes le peuplement de notre commune n'a pas été régulier ni constant, mais, malgré des agressions de l'histoire (invasions, guerres, révolutions) et du temps (inondations), l'homme est resté attiré par ce milieu privilégié et s'y est fixé. Il y a 150 ans CABANNES comptait 1.534 habitants dont les 3/5 environ étaient groupés au chef lieu. Au début de la deuxième guerre mondiale plus de la moitié des 2.IO4 Cabannais que compte la commune était éparpillée, 845 seulement vivant au village. Aujourd'hui ce phénomène dé dispersion semble s’arrêter ; les mas ont perdu leur vitalité et le village par contre, grâce à la réalisation de H.L.M. et de lotissements, est en pleine expansion et a étendu son périmètre. Cette situation qui n'est pas particulière à notre région, a fait l'objet de savantes études venant d'éminents économistes et géographes. Beaucoup plus simplement, elle nous incite à vous livrer quelques réflexions qui, espérons le, compléteront heureusement votre information.

PREMIERE REMARQUE : L'habitat rural qui a marqué la campagne Cabannaise avant la guerre de 14 a perdu ce caractère de création qui exprimait un élan constructeur. Le mas faisait partie du paysage environnant ; il était né d'une poussée de croissance. Plus qu'une simple habitation, il était "l'atelier" de cet artisan de la terre qu'on nommait le paysan et qui est devenu l’exploitant. S'il y a eu une révolution agricole, ce n'est pas dans l'habitat rural qu'elle s'est manifestée mais bien plutôt dans les structures, les techniques la commercialisation et la vie sociale. En gros, depuis le début du siècle, il n'y a pas eu évolution de la campagne Cabannaise. Bien sur nous trouvons quelques villas neuves, mais des fermes conçues par des exploitants modernes et audacieux répondant aux exigences du monde agricole actuel, sont rares. L'ancien mas n'est utilisé qu'en fonction de ses remises, hangars ; la maison du «maître" est louée et l'exploitant s'est réfugié dans sa villa, au village. A brève échéance, la campagne va se peupler de gens qui n'ont rien à voir avec la paysannerie, mais qui recherchent un environnement plus agréable, parce que plus sain et plus calme.

DEUXIEME REMARQUE : Les surfaces exploitées ne cessent de diminuer. Qui fera le compte un jour des surfaces retirées à l'Agriculture par l'Equipement (construction de l’Autoroute, l’élargissement du CD26 et du CD24), par la commune (Lotissement du Vatican, terrain des Courses, Mas rouge, épurateur), par des particuliers (Castors, lotissement de la "Poule"), par des Industriels ou des Commerçants (Station"" frigorifique, Stations de commercialisation des fruits) ?

TROISIEME REMARQUE : Le village de CABANNES s'est agrandi et la population agglomérée s'est accrue. On besoin en logements est apparu après la guerre de 39-45 et cela s'est concrétisé par la construction d'une H.L.M. Boulevard DAUPHIN, d'un autre place du Marché, des lotissements des Castors et du "Vatican", et la construction de villas individuelles à proximité du bourg. Cabannes s'est étendue et une nouvelle population s'est installée, composée de gens du secteur tertiaire, de salariés de l'industrie, de retraités. Cet afflux de demandes a considérablement modifié le plan même de la localité : l'expansion semble vouloir s'orienter vers l'Est, où dans l'affaire d'une dizaine d’années plus de 80 maisons ont été édifiées et sont habitées. A cet égard, le lotissement des Castors paraît avoir été un pôle d’attraction ; il nous semble intéressant d'en faire l’historique.

C'est le 25 Octobre 1959 que fut créée la Société Anonyme Coopérative de Construction, les "LES CASTORS de CABANNES". Le fondateur en fut M. GIRARD Jean, Industriel bien connu ; il en fut également l'animateur et le mécène.

Soumise aux prescriptions de la loi du IO Septembre 1947 et du 28 Juin 1938, cette Société avait pour but la construction la cession et l'attribution d'habitations salubres ainsi que l'amélioration et l'assainissement de constructions existantes, avec la vente ou la location de jardins ou de terrains formant dépendances. Essentiellement il s'agissait de construire un groupe de 20 à 30 logements sur un terrain à acquérir sur le territoire de CABANNES. Cent soixante actions de mille anciens francs furent souscrites et un Conseil d’Administration élu au scrutin secret par l'Assemblée Générale le 25 Octobre 1959. Le bureau formé le 29 Octobre 1959 déposa les statuts et fit les formalités d'inscription à la Chambre de> Commerce de TARASCON. Immédiatement une action fut entreprise. C'est ainsi que grâce au concours dévoué et gracieux du fondateur -M. GIRARD,en collaboration avec les Castors de MARSEILLE, des études préliminaires de blocs LOGECO furent confiées à des bureaux d'Etude. En même temps s'opérait la recherche d'un terrain. Peu de temps après toujours grâce à M. GIRARD, un compromis pour l'achat  des lots JOUBERT et GRANGIER, chemin des Courses, était signé. Des permanences furent assurées tous les dimanches matins pour informer les Adhérents et les habituer à effectuer des versements réguliers„ En collabora­tion avec la Direction du Crédit Agricole d'Arles le financement de 1'opération fut mis au point . Hélas, des difficultés ne tardèrent pas à surgirent ; l'urbanisme refusa 1'autorisation de construire des Logécos en dehors de 1'agglomération, D'autre part la carence des coopérateurs qui négligeaient d'effectuer leurs versements men­suels et qui étaient en plus réticents sur le chapître de 1'apport travail, obligèrent le Conseil d'Administration à abandonner la for­mule Castor pure et de contacter le Foyer de Provence à AIX, laquelle est une Coopérative de Construction. Une Assemblée Générale extraor­dinaire fut convoquée pour le 9 Mars I960. Huit membres sur les tren­te cinq restèrent alors engagés. Dans ces conditions, la Société n'ayant plus de raison d'être fut dissoute. C'est l'Assemblée Générale du 20 Janvier I960 qui prononça la liquidation pure et simple des Castors -de CABANNES; deux liquidateurs furent nommés et les formali­tés entreprises. Une page vient de se tourner ; pour les huit qui restent, une autre s'ouvre .

La formule Castor a donc vécu et c 'est vraiment domm<*w car elle était une expérience humaine enrichissante. Mais tout n'a pas été perdu, puisque le nom est resté et il est aujourd'hui un lieu-dit que tout le monde connaît .

C'est donc sur le terrain des Courses acheté grâce à la généreuse et amicale collaboration financière d'un ami de M.GIRARD que le Foyer de Provence d'Aix entreprit la construction de 8 habitations en location-attribution de type F4, F5 et F6. Le tout fut achevé en 1963 et les intéressés purent s'installer dès 1964» Un seul exploitant agricole habite le lotissement, qui est à présent doté de 1'eau de la ville et du " Tout à 1'égout ". Un hommage particulier doit être rendu à ceux qui, par leur bonne volonté, leur courage et leur générosité ont permis cette réalisation qui a été certainement le point de départ de l'extension du Village de CABANNES vers l'Est. Que nous réserve 1’avenir ? Comment se posera le problème du logement à CABANNES en l'an 2000? Il est difficile de donner une réponse précise. Cependant, en fonction de 1'évolution rapide du monde rural, des grandes mutations qui sont entrain de s'accomplir et des enseignements de 1'histoire locale, il est possible de prévoir un accroissement de la population aussi bien dispersée que groupée avec des structures économiques totalement différentes . C'est ainsi par exemple que le peuplement ne se fera plus en fonction d'une implantation maraîchère ou fruitière, source de profit, mais en raison du milieu et de 1’environnement. Une population paysanne laborieuse mais sage va disparaître ; elle sera remplacée par des groupes humains actifs dont le rythme de vie accéléré n'aura rien à voir avec la dynamique paysanne d'autrefois. Toute la géographie humaine du pays va se transformer ; une société nouvelle rurale va naître : 1'exploitation pour sa rentabilité va employer de plus en plus des méthodes industrielles ; au petit peuple des agriculteurs auquel s'était joint depuis un siècle environ celui des ramasseurs, des transporteurs, des fabricants de matériel agricole, de commissionnaires, de grossistes, d'expéditeurs, de manutentionnaires, de conservateurs de denrées, va venir s'ajouter le groupe de plus en plus nombreux des salariés industriels, des employés et des retraités. Nous ne pouvons que souhaiter que cette évolution liée au progrès ne fasse pas demain de CABANNES un village ''dortoir'1 et nous fasse regretter le village heureux de nos parents, où l'on travaillait dur certes, mais sans contraintes ni cauchemar paperassier, ni pollution.

Aimé TESSIER.

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 Et en 2013....plan-cabannes.jpg

Merci à Pierre, jeannot... et à toutes les personnes qui nous font parvenir souvenirs, cartes postales, documents  ou avis…

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