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Histoire de Cabannes : Manjo fricasso, classe aisée, peuple gai et laborieux et boucheries-charcuteries…

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Le titre de cette nouvelle chronique peut apparaître quelque peu baroque….J’en conviens. Cette écriture presque automatique quotidienne m’a invité en ce premier jour de printemps à la relecture du livre écrit en 1913 par Léopold Vidau(Que l'on peut appercevoir devant sa maison) et qui est une source inépuisable d’indications historiques. Aujourd’hui cette relecture nous invite à une introspection de notre patrimoine commun, mais aussi à avoir un regard sur nous même sur un plan sociologique.

Ces indications sont fortes à la lecture de la description, que faisait un statisticien en 1913, décrivant la population Cabannaise et que je résumerai ainsi quitte à être réducteur : une classe aisée qui a de l'instruction et offre une bonne Société et un peuple gai et content de son état parce qu'il est laborieux et attaché à ses devoirs !

Voici donc l’extrait du livre qui est le point de départ de cette chronique :

« Voici l'opinion que donne des habitants de Cabannes, Mr de Villeneuve dans ses statistiques.

Les habitants de Cabannes sont agriculteurs, leur caractère est doux, affable, conciliant, leurs mœurs sont simples et régulières. La classe aisée a de l'instruction et offre une bonne Société. Le peuple est gai et content de son état parce qu'il est laborieux et attaché à ses devoirs ; son hospitalité et son urbanité sont légendaires ; ces qualités se donnent librement cours surtout à l'occasion des deux fêtes votives de la Sainte-Madeleine (dimanche qui suit le 22 Juillet) et de la Saint-Michel (dernier dimanche de Septembre). »

Donc, une classe aisée et un peuple ! Nous pourrions débattre du sens que pouvait avoir à l’époque cette description, nous ne le ferons pas car ceci appartient à l’histoire…Par contre, nous pouvons nous interroger (ce que je fais) sur la description que pourraient faire les statisticiens d’aujourd’hui, en 2013, sur nous même. Qu’en pensez-vous ? Que diriez-vous ? Qu’elle description feriez vous si vous étiez statisticien ?

Nous en reparlerons sans doute ensemble, mais pour l’instant, et pour poursuivre cette chronique, il me semble important de d’attirer votre attention sur une autre indication historique et sociologique concernant les Cabannais il y a un siècle et  qui étaient appelé : « manjo fricasso ».

Lisons donc un autre extrait du livre et allons au sous chapitre : Dictons :

« Lou Batèmo de Cabano. Dicton populaire dont l'équivalent en français est :

« Les amis de nos amis sont nos amis ». Ce qui indique, et il y a du vrai, que lorsqu'on célèbre une fête ou une cérémonie quelconque, les habitants s'invitent les uns les autres et toute la population finit par y assister.

La charcuterie Cabannaise, (notamment le boudin), était très réputée. Nos concitoyens devant être très certainement les meilleurs clients de leurs produits furent désignés par leurs voisins par le sobriquet de « Mange fricassée » (manjo fricasso). Nombreuses sont les localités en Provence désignées par un dicton analogue. « Manjo cebo » mange oignons, (Château-renard), « Manjo locho » mange moulet (Saint-Rémy), « Manjo favo » mange fèves (Noves). / Mistral, Trésor du Félibrige. »

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Ainsi, la charcuterie Cabannaise était très réputée, et nous pouvons affirmer qu’elle l’est toujours à en croire les nombreux témoignages au quotidien sur la qualité fournie par le dernier établissement présent dans le centre ancien du village : la boucherie charcuterie de monsieur Noc.

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Nous publions à ce sujet la reproduction de la photographie réalisée par Jean François Lepage, éditée en 1993 dans un recueil par Lis ami dou vieil Cabano et une autre récente qui démontre que les savoirs faire Cabannais ne se sont pas (encore) perdus dans les méandres du temps et de la grande distribution industrielle. Les autres photographies plus anciennes (voir ci dessus) témoignent de quelques lieux ou personne qui ont contribué à cette transmission.

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A propos de transmission et pour conclure cette chronique quelque peu baroque, rappelons-nous que nous sommes tous encore « majo fricasso », doux, affables et conciliants, aux mœurs simples et régulières. (RJ/2013)

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