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Lundi 27 juillet 1914, les nuages s'amoncelèrent brusquement à l'horizon.

 

La France s’apprête à commémorer le centième anniversaire du déclenchement de la première guerre mondiale. A cette occasion nous republions la chronique qui relate grâce à Léopold Vidau le premier jour de guerre à Cabannes. 

 

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La guerre ! Cette annonce fut portée à la connaissance des Cabannais le Lundi 27 juillet 1914, pendant la fête de la Madeleine, un mois après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, prince héritier d'Autriche et de sa femme la duchesse de Hohenberg …

Ce jour là, la course de taureaux eut lieu, le bal aussi et le lendemain les courses de chevaux à l’hippodrome n’eurent pas le même entrain malgré les tapageurs de la Durance… Le 1er aout c’est la mobilisation et le 2 aout plus de cent cinquante jeunes hommes de la réserve et de l'armée territoriale, accompagnés à la gare par une foule émue prenaient le train de sept heures pour se rendre aux dépôts de leurs régiments.

Nous publions agrémenté de quelques photographies ci après, le témoignage presque journalistique que Léopold Vidau nous transmet à travers un extrait d’un ouvrage « Le livre d’or des enfants de Cabannes morts pour la France». (RJ 2013)

 (Cliquez sur les images)

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« Les bruits avant-coureurs de la guerre, qui purent, dans nombre de petites localités, passer presque inaperçus et ne pas émouvoir les populations, prirent à Cabannes, par suite d'une coïncidence, toute l'ampleur qu'en comportait l'importance et la gravité.

En effet, c'est en pleine célébration de la fête votive locale que les nuages s'amoncelèrent brusquement à l'horizon.

Le lundi 27 juillet, les sous-officiers qui devaient prendre part au « military » du lendemain, tout joyeux, arrivaient vers midi dans notre ville pavoisée, au milieu de l'allégresse générale et de la plus vive animation. Ils avaient encore le pied à l’étrier qu'un télégramme de leur chef de corps les rappelait à leur dépôt. Des officiers de la garnison d'Avignon, invités à la journée sportive faisaient également dire, que des circonstances impérieuses les retenaient à leur poste. Les commentaires allaient leur train mêlés aux nouvelles plus ou moins fantaisistes ; la population plutôt optimiste ne pouvait croire encore à l'imminence du danger. La course de taureaux eut lieu, sans que sur les gradins de l'arène fussent remarqués trop de vides et de places inoccupées. Mais le soir, durant le bal, qui avait lieu sur le cours, les gendarmes pressaient les nombreux soldats venus en permission à l'occasion de la fête de réintégrer d'urgence leurs corps respectifs. La population se retira très impressionnée, avec l'appréhension que peut-être des événements très graves allaient éclater.

Le lendemain mardi 28, jour des courses hippiques, après la lecture des journaux, qui laissaient supposer que rien n'était désespéré et que, très probablement, au dernier moment, les puissances agressives reculeraient devant la grande responsabilité qu'elles encourraient vis-à vis de l'Histoire par l'effroyable cataclysme qu'elles allaient provoquer.

Champ des Courses

Néanmoins la réunion sportive se ressentit beaucoup de cette situation. Les courses n'eurent pas le même entrain, ne soulevèrent pas le même enthousiasme que les années précédentes. Le soleil radieux de la Provence déversait en vain sur la pelouse et le pesage ses rayons les plus éblouissants, la « clique » des « Joyeux Tapageurs de la Durance » multipliait sans succès ses plus vibrantes sonneries ; elles restèrent sans écho, le public demeura froid, préoccupé et semblait avoir hâte de voir terminer les épreuves, auxquelles s'étaient abstenus d'assister quantité d'aimables voisins amateurs de sports et hôtes habituels de notre hippodrome…/…

 

…/… La mobilisation des armées françaises de terre et de mer fut ordonnée dans la journée du 1er août, comme réponse aux préparatifs militaires allemands ; la nouvelle en parvint à Cabannes à i5 heures, et immédiatement fut publiée et affichée par les soins de la municipalité et de quelques personnes de la localité. Elle se répandit comme une traînée de poudre et sûrement une heure après tous les habitants, dont la plupart s'étaient portés devant l'Hôtel de Ville avaient connaissance de l'événement.

Place de la Mairie avant

Les hommes chargés de la garde des voies et communications partirent dès le soir même pour rejoindre leurs postes respectifs. Le lendemain 2 août, plus de cent cinquante jeunes hommes de la réserve et de l'armée territoriale, accompagnés à la gare par une foule émue prenaient le train de sept heures pour se rendre aux dépôts de leurs régiments, laissant leurs familles et leur village avec un superbe enthousiasme ; quelques-uns hélas ! trop nombreux, ne devaient plus revoir le pays qui les avaient vu naître, cette terre des aïeux qu'ils avaient fécondée et rendue prospère par leur labeur opiniâtre, Héros anonymes de la grande épopée, ensevelis dans la gloire, ils ne dormiront pas leur dernier sommeil sous le beau soleil de Provence, non loin de la citée aimée dont ils étaient le légitime orgueil et l’espérance…/… »

 Gare de Cabannes

 

Nous publions enfin en guise de conclusion le texte d’une carte postale partie de Cabannes à un de ces soldats…

carte-sans-nom-de-la-cavecopier.jpg

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