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Ecoles laïques 1911

Histoire de Cabannes : les Ecoles laïques.

C’est donc le jour même d’une journée d’action des professeurs des écoles, bien légitime à mon avis, que j’écris cet article. C’est un pur hasard qui, comme il est habituel de dire, fait bien les choses. Le regard historique que je porte, sur les luttes et combats menés pour construire patiemment une Ecole de haut niveau dans notre pays , me fait dire que le chemin pris par la réforme en cours et contestée, va à l’encontre de ce qui a été acquit en matière d’égalité d’accès et donc d’égalité des chances…Mais bon, c’est une autre question !

L’article du jour est, par photographies interposées, l’occasion de nous rappeler au bon souvenir de notre histoire communale. Pour illustrer ces clichés de quelques commentaires, j’ai puisé des extraits du livre que j’avais écrit avec les amis des AIL et  consacré à la création du Sou des écoles laïques de 1901 à 1918…. CLIQUEZ SUR LES PHOTOS!

  Ecoles Laiques

EXTRAITS :

C’était à Cabannes… il n’y avait pas vingt ans que la commune s’était dotée d’une école publique. Les travaux avaient commencé en 1881, la municipalité avait pris à sa charge le tiers de la dépense. L’inauguration eut lieu en 1884, et cette même année, une surveillance des enfants après la classe a été mise en place…Et depuis 1891, Monsieur Boyer, curé de Cabannes, avait fait construire « une vaste école libre destinée aux garçons » et en 1889 une « plus modeste pour les filles ».

Nous comprenons mieux à la lecture d’un chapitre que consacre Léopold Vidau à l’histoire des Ecoles, que cette question là était au centre des préoccupations actuelles et passées.

Quitte à être réducteur tentons d’en résumer quelques dates et évènements repères, autant par curiosité, que par nécessité de compréhension de la démarche de ceux qui ont fondé leur engagement autour de la question scolaire …

Des difficultés à trouver un précepteur (1660) « honnête, capable, ayant bonne plume et bon latiniste. », à l’achat du premier mobilier scolaire (1715), « une table de deux planches et trois bancs d’une bonne longueur », l’histoire démontre des réalités scolaires d’avant la révolution. L’école était payante, son organisation précaire, les préoccupations « laïques » étaient présentes chez les consuls: « le révérend père Timothée est approuvé pour avoir soin de la régence des écoles…mais à condition qu’il ne servira pas de secondaire à la paroisse de ce lieu pour ce qui regarde la messe ». En ce temps là, le conseil avait approuvé pour le lit du maître (1786)  « la fourniture d’une paillasse, deux draps de lits, deux bancs et quatre planches en bois de sapin ».

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 Puis le mouvement révolutionnaire allait marquer de son empreinte l’histoire.

Dès 1790, le conseil municipal délibère en faveur de « l’établissement d’une école publique pour l’instruction et l’éducation de la jeunesse aux conditions les moins onéreuses pour la communauté. » et prend à sa charge le salaire du régent, un logement, un local de la « Maison de Ville » (Ancienne Mairie), les tables, les bancs. Le Maire informe de l’intention de l’assemblée nationale pour qu’ « il y ait une institution publique pour apprendre à la jeunesse…doivent (les institutions) être gratuites».

Autre exemple, en 1793, l’application à un décret de la convention qui « décide de désigner par instituteur et institutrice ceux qui ont la charge d’enseigner, précise que ceux ci seront salariés de la République ». Le régent, devenu instituteur, doit donc « se chercher une autre maison »,il est cité comme « bon citoyen » et un « vrai sans culotte », la commune prend à sa charge la location d’une salle pour recevoir les enfants.

Au début du XIX me siècle, le seul instituteur de la commune, était aussi secrétaire de mairie (1813). L’indemnité de logement fait son apparition en 1807 et en 1820 (les services municipaux ayant besoin du logement de l’instituteur).

Puis ce sont les années qui précèdent le vote des « grandes lois laïques ». Depuis 1833, un conseil de surveillance de l’instruction publique est mis en place, il comprend : le Maire, le recteur de la paroisse et « quelques autres membres choisis parmi les personnes les plus instruites. ».

L’actualité sera faite de l’achat (1837), pour 1500 francs, d’une maison destinée à l’école des garçons (ce bâtiment sera plus tard affecté au bureau de poste), … d’une décision (contre l’avis du maire) de confier l’instruction de la jeunesse aux frères des écoles chrétiennes en 1840 (mais il semble que l’instituteur qui exerçait jusqu’alors, soit maintenu provisoirement jusqu’en 1850), … et de l’ouverture d’un cours d’adultes en 1865.

En 1870, 85 garçons fréquentent l’école pour un seul enseignant. Il faudra attendre 1882 pour qu’il y ait deux instituteurs.

 Après avoir cité la création des deux écoles de la commune, et avoir précisé : «  …il nous est un devoir bien agréable d’adresser au nom de notre population laborieuse, l’expression de notre gratitude à toutes les Municipalités qui, puissamment aidées par le gouvernement de la République, qui a complété leur œuvre en décrétant l’instruction gratuite et obligatoire, ont compris que l’école était l’avenir. », 

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Léopold Vidau termine le chapitre consacré aux écoles en citant la création du « Sou des écoles laïques de Cabannes ».

La façon dont l’événement est rapporté laissait penser qu’il s’agissait d’un aboutissement, mais le lecteur averti ne s’y était pas trompé, il savait que dès lors une autre aventure débutait, comme débutait le vingtième siècle, et « la belle époque »...

…/… Ainsi s’achève notre intrusion dans l’histoire de la fondation du Sou des écoles laïques de Cabannes.

 Léopold Vidau cèdera la présidence de l’association le 29 janvier 1920 à M. Emile Tarascon. Le même jour, un autre futur maire de la commune sera élu trésorier : M. Laurent Dauphin.

Témoignage sans doute de son attachement à Cabannes, à son idéal, à son association et surtout à « son » école laïque,« Monsieur Vidau » restera membre de la commission des fêtes jusqu’à sa disparition en 1925.

La République définitivement confortée, pense-t-on, le triptyque « Ecole laïque, gratuite et obligatoire » ne suscite plus les mêmes enjeux politiques.

Les listes des citoyens « morts pour la patrie » témoignent sur les monuments aux morts de l’atrocité de cette « grande » guerre.  A Cabannes, sans doute, cette épreuve, a rapproché ceux qu’il y a peu s’affrontaient…, cléricaux, laïques, partageant les mêmes souffrances.

C’est donc dans ce contexte que le « Sou des écoles laïques » allait continuer ses activités et surtout les développer, aidé en cela par la municipalité, qui pour reprendre une expression de l’époque, était composée de « sincères », entendons par là, laïques.

Les registres laissent apparaître que les années 20 ont vu le développement de la cantine scolaire, les premières excursions des élèves, les projets de bibliothèque scolaire, les premières séances de cinéma…

Les années 30, par un regain de nationalisme, des réunions royalistes se tenaient chez « Tabouret ». La question de la participation des femmes à l’association est posée, ainsi que celle des étrangers…Ce sont aussi les premières propositions d’affiliation aux « Amis de l’école laïque », les fêtes enfantines, les prix d’assiduité sont remplacés par un « arbre de Noël », les écoles s ‘agrandissent…

Puis de nouveau la guerre…Si les pages blanches laissées dans les registres témoignent du « noir » de cette période, nous savons que l’activité du « Sou » n’a pas cessé pour autant. Et malgré les difficultés, ce refus de la résignation allait permettre à la libération de donner un nouvel élan à l’association.

Portés par le mouvement d’éducation populaire, les amis de l’instruction laïque, forts d’un patrimoine culturel fait d’engagement, de dévouement au service de l’idéal laïque, de l’école publique et de Cabannes, allaient contribuer à l’essor de l’association.

Sous l’impulsion d’un maître d’école, Monsieur Teissier, dont un de ses élèves se rappelle l’avoir vu « faire tourner des mobiles de papier sur sa tête, sous l’effet de la chaleur du poêle de la classe », les amis de l’instruction laïque allaient participer activement à la création d’un foyer rural, d’une colonie de vacances, tout en maintenant et développant les activités scolaires et périscolaires.

école publique

 

Nous publions enfin cette ancienne photographie très abimée…Peut être certains s’en souviendront ?

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 Le livre C'était à Cabannes....Le Sou des écoles laïques 1901-1918

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