Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

HISTOIRE DE CABANNES : Carnaval, La Madeleine et L’hippodrome…

 Carnaval---2.jpg

Les fêtes ont toujours occupé une place toute particulière. Léopold Vidau citait la Madeleine et la Saint Michel…Et, en ce mois de février 2013, Mardi gras passé, deux autres photographies non datées nous rappellent que les carnavals font partis des traditions dans la commune.

Carnaval---1.jpg

Mais, il y a une photographie, que beaucoup de Cabannais connaissent, c’est celle de l’hippodrome.

Arrivé à Cabannes dans les années 80, je me souviens de l’inauguration du complexe sportif au « champ des courses » et c’est sans doute à ce moment là que j’appris que notre commune avait un hippodrome dont les marques parvenues jusqu’à nous sont les tribunes.

Champ-des-Courses.jpg

Canotiers, robes longues et belles voitures, sont témoins d’une activité que nous avons du mal à imaginer. Les souvenirs parvenus jusqu’à nous de cette époque sont peu nombreux. Et c’est encore en feuilletant le livre de « LA FRATERNELLE », écrit par Monsieur Jean Girard que nous allons trouver traces de ce passé qui fait qu’encore aujourd’hui il existe un grand prix de Cabannes inscrit au programme des courses de chevaux à Cavaillon.

Pour la petite histoire actuelle, le dernier Prix de Cabannes, qui est une course de plat, s'est déroulé le 20 octobre 2012 sur l'hippodrome De Cavaillon. C'était la 6ème course de la Réunion 6. Il y avait 9 partants et une distance à parcourir de 2200 mètres.

Ce texte, que nous reproduisons ci après intégralement, évoque avant toute chose, « La Madeleine » dont l’auteur disait il y a près de 40 ans « que si maintenant, nous sommes sans courses de chevaux, la fête ne démérite pas et la jeunesse, avec la nouvelle mode (en débraillé) s'amuse autant et la Sainte Madeleine continuera, comme pour les deux siècles passés, à se faire soit Sainte ou pas Sainte. »

 couverture

Extrait du livre « LA FRATERNELLE 1949/1974 »

Fête   de    la    Sainte    Madeleine

dit LA " MADELEINE »

 Eh oui, elle aussi a subi au cours des ans bien des changements. Je dois à regret signaler, que notre fête vieille de près de 200 ans, en devenant fête profane est devenue fête banale, comme fête des Boules, du Ballon, des Pêches, etc... . soit une simple entête d’affiche.

Certes, depuis sa création, et jusqu'à nos jours, elle a subi bien des transformations dans son déroulement, ce qui me donne 1 * idée de faire un retour en arrière dans le cadre des années que je viens de conter aux pages précédentes.

Les fêtes de la Sainte Madeleine entre 1900 et 1930 étaient surtout l'occasion de  rencontres familiales, de réunions de jeunesses qui, à ce moment là, n'avaient pas tellement les moyens de s'évader hors du village, ou du moins très loin comme cela se passe de nos jours .

Toutes les fêtes votives, la "Voto " en Provençal, se déroulaient aux mêmes rythmes, et tous les jeunes, comme maintenant, fréquentaient toutes ces fêtes des villages voisins seulement.

Cette fraternité, entre jeunes, était 1'occasion de repas pris ensemble, et c’est ainsi que tous les repas pris en cours de saison étaient, grâce au dévouement de la Maman, rendus le Dimanche de la fête ou le Mardi. Cela arrivait d’avoir couramment 6 Invités, des fois plus. Il y avait aussi les cousins ou cousines de pays éloignés qui, venus à Cabannes pour la Sainte Madeleine, faisaient ainsi presque un voyage.

A cette occasion la basse-cour connaissait la terreur, et la guillotine allait bon train pour les canards.

Le programme des festivités comportait : les courses de chevaux, de taureaux, de vélos, avec en plus les soirées du Dimanche et Mardi réservées aux variétés. C 'est ainsi que nous avons eu en son temps, Fernande1 à ses débuts comme troupier, Alibert, Bercelys, Bertha Sylva, Damia, Rita-Jo, et bien d4autres Vedettes dont les noms m’échappent.

Je parlerai maintenant des courses de chevaux.

Cabannes a eu longtemps le privilège d'avoir son champ de courses. IL a fallu attendre 1'après guerre de 40/45 pour le voir embellir, pour mieux disparaître ensuite.

Le principal organisateur, le plus dévoué bien sur, et dont les moyens ne lui faisaient pas défaut, était M. Joseph RE Y, route d’Avignon. Grâce à lui, les courses hippiques connurent un bel essor, et Cabannes avait droit à 2 réunions, une le Dimanche la 2ème le Mardi.

Grâce à lui les courses brillaient, car ses relations avec les propriétaires de chevaux étaient cordiales et lui valaient la venue de 1' écurie entière.

M. REY était chargé du logement des pur-sang qui étaient logés chez les Cabannais favorables à la race chevaline, tout cela amenait des entraîneurs, des jockeys ou Driveurs et souvent aussi les hommes qui les soignaient.

C 'est ainsi que le Samedi, nous les jeunes allions à la gare voir débarquer du wagon et assister aussi à la descente de ces belles bêtes et bien sur essayer de se faire donner la bride pour les conduire à l'endroit prévu par M. REY .

Le Dimanche c’était le grand jour. Un petit "Chantilly" où les filles avec leurs robes longues, leurs beaux chapeaux, les jeunes avec le canotier, les hommes avec leur veste d’Alpaga et chapeau Panama, tout ce monde faisait, sous les ombrages des platanes, sa petite exhibition »

Bien sûr, le clou de la journée, était réservé aux paris, le tiercé n’existant pas a cette époque ; et aussi la dernière course était réservée aux Militaires, soit de Tarascon ou aux Spahis d’Orange.

La buvette, la vente des gâteaux, cacahuètes, des éventails aussi, laissent supposer qu'avant il faisait plus chaud.

Les courses terminées, c’était la ruée vers Cabannes, et arrivé sur la place les tables étaient prises d'assaut. La circulation pendant l'apéritif était très dense.

Le soir, au bal, à nouveau 1'on pouvait admirer les mêmes demoiselles de 1'hippodrome en robes de soirée, avec les parures en plus, prêtées souvent par les mamans pour garnir le buste de leur fille.

Les jeunes eux, arrivaient en costumes, et c’est ainsi qu'au son de 1'orchestre, les mères assises sur les bancs autour du bal, surveillaient leurs filles qui venaient montrer, de temps en temps, leur carnet de bal avec inscriptions des danses promises. Ça c'était sérieux.

En .ce temps là les soucis des Cabannais étaient moins importants, ce qui permettait aux familles de sortir tous les soirs, Le Mercredi n'étant pas encore ajouté aux festivités.

Tout cela prouve, qu’en tous temps, il y a eu place pour les réjouissances et que si maintenant, nous sommes sans courses de chevaux, la fête ne démérite pas et la jeunesse, avec la nouvelle mode (en débraillé) s'amuse autant et la Sainte Madeleine continuera, comme pour les deux siècles passés, à se faire soit Sainte ou pas Sainte.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :