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La triste nouvelle est arrivée avant hier: Marcel Ginoux, ancien Maire de Nôves s'en est allé. Les liens qui nous unissaient vont bien au delà des questions politiques comme en témoignent les nombreux hommages rendus.

Parmis ceux ci nous avons retenus celui pronocé par mon ami Pierre Dhareville, secrétaire de la fédération du PCF

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Chère Yole, cher René, chère Nadine et toute votre famille,
Cher Georges,
Mesdames et messieurs les élus du conseil municipal,
Chers novais et novaises, palunais et palunaises
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et messieurs les représentants des associations,
Mesdames et messieurs,


Lorsque les communistes des Bouches-du-Rhône ont appris le départ de Marcel Ginoux, c’est une grande peine qui les a envahis. Marcel était une figure communiste de notre département. Un des ces personnages qui impressionnent par leur parcours, et qui vous rendent fier d’être de la même famille. Il était l’un des porte-drapeaux de ces paysans communistes, comme on disait, dans la lignée de Renaud Jean et Waldeck Rochet, qui ont su intégrer la cause des agriculteurs à notre bataille pour l’émancipation humaine. Et son combat est un appel à ne pas lâcher ce terrain là, à l’heure des multinationales semencières et de leurs OGM, à l’heure de la faim dans le monde, à l’heure de la mise en danger de notre planète, à l’heure de la mise en concurrence de tous contre tous.

Marcel était viticulteur. Son engagement, lié à la Résistance, était aussi enraciné dans son quotidien et celui des siens. Il savait ce que coûtait le travail de la terre, comment on en vit, comment on en meurt aussi. Et il refusait que les paysans, les producteurs, les exploitants familiaux voient leur travail pillé par des logiques de profit. Il refusait qu’on les cantonne dans la misère, que ce soit en travaillant ou à la retraite. Il refusait qu’on cherche à les monter les uns contre les autres. Il refusait qu’on abandonne les campagnes, qu’on méprise la ruralité. C’est ce qui le conduisit à l’engagement syndical, puisqu’il a participé à la fondation du MODEF, le mouvement de défense des exploitations familiales, et à l’engagement politique. Très vite, il fut élu secrétaire de la section de Noves du PCF, et après un stage central de militants paysans, il devint l’un des dirigeants de notre fédération départementale. Lui, qui comme aurait pu le chanter Jean Ferrat, lui qui avait l’âme bien née, noueuse comme un pied de vigne.

Ce ne fut pas un hasard si la population de Noves choisit d’élire Marcel Ginoux comme maire en 1971. Je n’ai pas eu la chance de le connaître autant que beaucoup d’entre vous. Mais on m’a tant parlé de sa profonde humanité, avec laquelle il vous accueillait comme un fils. Cette humilité et cette humanité qui contrastent avec l’arrogance de certains responsables politiques.

J’ai retrouvé un document datant de 1952 dans lequel on décrit, je cite, « un jeune militant très dévoué », avec un « esprit de responsabilité dans l'accomplissement de ses tâches ». On loue un homme « intelligent », une « très forte personnalité qui comprend bien les problèmes », un « homme de masse, lié aux paysans de sa région ». On projette qu’en prenant confiance en lui, je cite toujours, il deviendra « un bon dirigeant ».
Marcel est resté fidèle au jeune homme qu’il était, et il est devenu cette figure marquante de notre département, et de notre région, puisqu’il siégea dans l’Assemblée Régionale. On se rappelle des combats menés avec notre camarade sénateur Louis Minetti, dont je veux saluer la présence aujourd’hui. Louis me rappelait son investissement pour la paix au Vietnam, et les droits du peuple algérien. Nous savons aussi son attachement à combattre la loi des puissants et du capitalisme dont les ravages sont malheureusement aujourd’hui trop évidents.

Chacun se souvient également de l’élu du peuple qu’il était. A l’écoute, soucieux de démocratie, de la participation du plus grand nombre aux choix, soucieux d’intérêt général, soucieux de permettre à chacun de lever la tête. Ce qu’il a accompli, avec celles et ceux qui l’accompagnaient, au service de la population de Noves et pour qu’elle soit fière de sa ville, cela vient nous rappeler l’importance de la démocratie locale et des élus locaux que l’on veut aujourd’hui rayer de la carte. On voudrait que ce travail soit jeté par terre d’un coup d’un seul, sans doute parce que l’on sait ce que Marcel et d’autres ont accompli avec la population pour vivre bien, tout simplement. Son parcours et son action montrent ce que valent les gens du peuple que l’on voudrait bien trop souvent faire taire et asservir.
Marcel Ginoux avait les pieds bien enracinés dans sa terre, mais la pleine conscience du monde, et je sais combien il a su faire grandir les valeurs qui l’habitaient, celles de la justice, de la fraternité, de la paix. Des valeurs qui continuent de marquer la ville de Noves aujourd’hui.

Je veux dire à Yole et à toute sa famille qu’ils peuvent compter sur notre soutien, et que Marcel nous a profondément marqués, qu’il va nous manquer.
Nous savons qu’il nous revient désormais d’être à la hauteur de l’humanité et de l’engagement qui a été celui de Marcel en poursuivant le combat.

Au nom des communistes des Bouches-du-Rhône, avec vous, je veux saluer avec autant de fierté que de peine, la mémoire d’un frère, qui a tant donné de sa vie pour défendre la dignité humaine, qui a tant donné de sa vie pour que chacune et chacun ait droit au bonheur.

Il m’arrive souvent de citer ce vers d’Aragon, et je crois qu’il peut s’appliquer aujourd’hui, en ce moment que nous partageons ensemble autour de Marcel Ginoux, notre ami, notre frère, notre camarade : « lorsque s’en vient le soir qui tourne par la porte, vivre a la profondeur, soudain d’un champ de blé. »

 

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Pour ma part, je garderai en mémoire sa présence constante, ses analyses toujours pertinentes, passionnées  et animées d'une vision qui me faisait entrevoir un horizon plein d'humanité...oui il va nous manquer!

 

Photo: réunion publique à Noves- Législatives 2006

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