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Dimanche dernier c'était la traditionnelle charette
de la Saint Roch des Paluds,
conduite sur notre photo par l'ami jean paul...
Il y en a des rouges...il y a en des blanches...
C'est la tradition....IMAGES!








Pour compléter cet article, je vous invite à lire ou à relire  cet article paru en 2003 dans la gazette de la CGT du centre hospitalier de Montfavet, au sujet de la charette de Chateaurenard....

La charrette de la Madeleine

Au-delà de la tradition et du folklore, la charrette de la Madeleine à Châteaurenard continue de perpétuer depuis bientôt 100 ans une certaine idée des valeurs laïques et républicaines.

Découverte et entretien avec son Président Gilbert Brocarel par Jean Marc Quintana

 

 
Préambule :

Avant toute chose,….  « Rendons à César … », j’ai effectivement emprunté l‘idée de cet article à notre camarade Thierry Gilles qui, l’année dernière voulait faire de même avec la charrette de la Saint Eloi, mais qui ne le fit pas, faute de temps.

Je n’étais d’ailleurs pas d’accord avec lui du bien fondé de son choix. Bien que j’assiste au défilé de celle-ci, je n’imaginais pas en parler dans le cadre d’un journal de la CGT. En effet, cette charrette, outre son patronyme, conserve un caractère éminemment religieux : procession de la relique du saint, cantiques, baptême des chevaux et de la charrette, sans compter que sa tradition est particulièrement vivace dans le petit périmètre de la « Vendée provençale » : Graveson, Maillane, Rognonas, Boulbon, … tout un symbole. Du païen au religieux…

 Il en est tout autrement en ce qui concerne la charrette de la Madeleine comme nous allons le voir à travers ce petit article et cette entrevue avec Gilbert Brocarel, président de la société des madeleinens de Châteaurenard.

 

Je n’aurai pas la prétention ni la capacité de remonter jusqu’aux   origines de la charrette. Les fêtes païennes  (du latin paganus  = paysans) en appelaient déjà aux Dieux pour qu’ils favorisent les récoltes à venir. L’agriculture étant soumise à bien des aléas, c’était une précaution à prendre que d’invoquer les dieux protecteurs faute de pouvoir faire face au gel, à l’absence de pluie…. L’avènement du christianisme ne va pas changer fondamentalement les pratiques. Les fêtes agraires d’origine païenne vont se métamorphoser en fêtes religieuses. Restait à trouver le saint patron correspondant : Saint Eloi pour les maréchaux-ferrants, Saint Roch qui préserve des fléaux ou Sainte Madeleine en patronne de l’eau et de l’irrigation.
Le caractère païen de la cérémonie amenait quelque fois le nouveau curé du village à refuser de bénir chevaux et charrettes, mais majoritairement les ministres du culte s’accommodèrent de ce rite sans s’émouvoir plus que çà de son origine douteuse. L’osmose se fit si bien qu’aujourd’hui encore la tradition s’est maintenue, défiant le cours du temps et la mécanisation agricole. Mieux encore, on assiste à un regain certain  de la passion pour le cheval lourd, acteur principal de la fête. A Mollégès il y a quelques années, une statue glorifiant le cheval de trait a été érigée. La plupart des villages du Nord des Bouches du Rhône, répartis dans un triangle  qui va de Boulbon, Châteaurenard, St Etienne du Grès et Mollégès a sa charrette. Parmi ceux qui n’avaient pas su maintenir la tradition, certains la refont vivre, le village de Noves par exemple.

                         

                                  

 Les charrettes de mon enfance

Il faut dire qu’elles ont de l’allure ces charrettes avec leur côté intemporel et décalé à l’heure d’aujourd’hui, qu’à chaque défilé  l’émotion nous étreint. Les chevaux, attelés en flèche (les uns derrière les autres) couverts d’un harnachement de couleurs vives qu’entourent de petits miroirs scintillant au soleil,  marchent ou galopent, tandis que mille grelots se mêlent  au bruit sourd des sabots sur le macadam… Après un temps plus ou moins long c’est la charrette qui apparaît couverte de branchage ou de fruits selon le patronyme choisi.

Bien qu’étant né à Paris, mon père est originaire d’Eyragues et ma grand-mère de Graveson. J’ai donc passé une grande partie des vacances en Provence à Eyragues où toute la famille du côté paternel habitait et habite encore aujourd’hui. La loi sur les associations est promulguée le 1er juillet 1901, elle oblige, entre autres, les congrégations  religieuses à demander l’autorisation d’exercer. Nombreuses sont celles  qui ne furent plus autorisées à enseigner ni diriger un établissement…

 Qu’avons-nous entendu d’ailleurs, mon frère et moi de « Parigot, tête de veau, parisien, tête de chien » à chaque fâcherie avec des enfants autochtones !

 En dehors de ça, nous assistions aux nombreuses fêtes des villages alentours ; courses de taureaux, abrivado, bandido, bourgino et bien entendu charrettes de la St Eloi, de St Roch ou celle de la Madeleine à Châteaurenard.

Enfant, la distinction principale que je faisais entre celle de la St Eloi et la Madeleine, c’est qu’à Châteaurenard  la première défilait le premier dimanche de Juillet et la seconde le premier dimanche d’Août. La décoration était aussi très différente. L’une était plutôt sommaire (St Eloi) tandis que l’autre (la Madeleine) faisait preuve d’une certaine magnificence en juxtaposant divers fruits et légumes rehaussés de glaïeuls rouges. Pour le reste, je n’y attachais que peu d’importance. Peu m’importait que l’on promène l’effigie du saint ou le buste de Marianne, que des cantiques accompagnent l’une et    l’Internationale  l’autre. Je ne mesurais pas la césure opérée au début du 20ème siècle entre les partisans de l’une et de l’autre. Pourtant, au fil du temps, des anecdotes me rappelaient l’enjeu dont elles faisaient l’objet.

 A Graveson, c’était un défilé de la St Eloi qui fut interrompu par les « rouges » mécontents du résultat des élections, accusant les vainqueurs de tripatouillage électoral. Après avoir pris d’assaut la charrette, ils allèrent jusqu’à crever la peau du tambour afin d’empêcher que le musicien puisse continuer à marteler la cadence. A Eyragues, le village a eu ses deux charrettes « antagonistes » pendant une décennie, jusqu’au jour où un accident grave dû à un artificier improvisé mit un terme à l’activité de la société de la Madeleine locale ( 1947 ).

Depuis très longtemps, tradition et politique ont été mêlées. A Vauvert en 1841, les courses de taureaux étaient l’occasion de rassembler toute la population du village. Afin de ménager les sensibilités politiques de tout un chacun, chaque partie avait droit à sa couleur. Il y avait les cocardes blanches, apportées par les royalistes, les tricolores fournies par les républicains libéraux mais aussi les cocardes rouges, imposées par les durs de la révolution[1][1].

 Entretien avec Gilbert Brocarel

Sans remonter si loin dans le temps, Gilbert Brocarel avait lui, une date énigmatique à résoudre : 1894. Elle figure en effet sur le drapeau tricolore qui ornait la première charrette de la Madeleine à Châteaurenard qui défila le 2 août 1908. On distingue très nettement le nombre 1894 sur un large cliché tiré de la carte postale d’époque qui trône dans son salon.

 Pour quelle raison cette date accompagne-t-elle l’incontournable « République française » ? Que commémore-t-elle ?

Il lui faudra un certain temps pour en connaître la réponse. C’est Marcel Bonnet auteur de livres dont un sur la « carretto ramado[2][2] » qui la lui apporta. Un jour qu’ils se croisèrent dans Châteaurenard, le premier en quête d’informations, le second prêt à les lui donner, l’énigme fut résolue : «  Je peux vous donner une date » dit Marcel Bonnet et continuant sur sa lancée «  1894, c’est la date de création du premier cercle républicain à Châteaurenard ». Cette déclaration était d’importance et comblait d’aise Gilbert Brocarel. Coïncidence ou pas, on peut noter toutefois  que 1894 correspond à la date anniversaire du centenaire de l'institution du drapeau tricolore en France. En effet, c’est le 15 février 1794 que l’Assemblée de la Convention  a imposé le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. Mais revenons-en à ma rencontre avec monsieur Brocarel.

La charrette de la Madeleine, une longue histoire…

En cette fin d’après-midi d’un mois de mars qui porte bien son surnom de « mois des fous », le ciel étant tantôt gris, tantôt lumineux,  je me dirige vers le mas de Monsieur et Madame Brocarel.

Les chemins qui y mènent entrecoupent des champs encore cultivés, aux cotés d’autres de plus en plus nombreux en friche. Dans cette campagne restée inchangée durant des siècles, je devine au loin, dépassant orgueilleusement  des haies de cyprès, les bâtiments de la zone d’activité des Iscles. Le faîte des résineux s’élève comme une improbable frontière entre un monde moderne dévastateur et celui presque endormi d’une plaine maraîchère qui s’essaie à ne pas mourir, à l’exemple des haies de platanes que je vois abattues au fur et à mesure que j’avance en voiture.

J’arrive au mas, où le traditionnel platane a été abattu lui aussi depuis peu, laissant un large cercle de terre en guise de sépulture.

« Il avait 90 ans, son ombre nous fait défaut maintenant », tout en me disant cela, Madame et Monsieur Brocarel  me reçoivent dans la cuisine. Ce sont des gens de la terre, accueillants et chaleureux. Je n’ai pas besoin de les soumettre à un feu roulant de questions.

 

 

 

Le Président des Madeleinens  aime à évoquer la genèse de sa charrette même si beaucoup d’informations lui manquent pour en tracer un historique précis et complet. Qu’importe, dans le cas présent,  la passion est autrement plus essentielle que les faits et les dates avérés et exacts. Ce dont il est sûr c’est que la société des madeleinens a été créée en novembre 1907. Sa création s’inscrit au cœur des luttes anticléricales que mènent en particulier les radico-socialistes.

L’école est un enjeu politique pour l’Etat républicain. Dès juin 1902, 120 établissements religieux sont fermés, de nombreux religieux se voient expulsés de leurs couvents. En juillet 1904, la France rompt ses relations diplomatiques avec le Vatican et, en juillet 1905, la chambre vote le texte présenté par le socialiste Briand, qui proclame la séparation de l’église et de l’Etat : la république assure la liberté de conscience mais « ne subventionne ni ne salarie aucun culte ». On procède alors aux inventaires des biens du clergé devenant propriété de l’Etat, au milieu des manifestations hostiles des fidèles catholiques. Dans un tel contexte, la confrérie des jardiniers de Châteaurenard voit un certain nombre de  ses membres remettre en question la bénédiction de leur charrette traditionnelle. Dans la foulée, ils mettent en évidence le buste de Marianne qui s’y trouvait déjà auparavant. N’oublions pas que parmi les jardiniers, ils sont nombreux à être membre du cercle républicain fondé en 1894, simultanément à Châteaurenard et à Mouriès… « Aujourd’hui, chacun a du respect pour ses charrettes respectives, nous, notre tradition c’est l’Internationale , pour ceux de la Saint Eloi, c’est la messe avant le défilé, s’ils ne le faisaient plus, ce serait plus pareil » me confie Gilbert Brocarel, dans un réel souci d’œcuménisme.

 

 

A partir de 1905, les partisans purs et durs de la république s’expriment de plus en plus en ce sens. 

« En 1906, on est sûr qu’il n’y eut pas de charrette » - m’explique Gilbert Brocarel – « La confrérie des jardiniers de Châteaurenard remonterait à 1663, elle regroupait comme son nom l’indique, les petits propriétaires (jardiniers) à l’opposé des laboureurs qui possédaient les grandes terres arables et qui s’étaient regroupés au sein de la confrérie de St Eloi ».

 Il poursuit : « au départ, ils n’étaient pas républicains à proprement dit, 1789 était encore loin. Mais c’était sûrement des contestataires, l’avant-garde des révolutionnaires. La révolution de 1789, elle n’est pas partie en 1789 elle remonte à plus loin, peut-être en 1500, 1600, cela couvait, puis ce fut la révolte des petits ».

 Les héritiers de ces « petits » se déclarent laïcs et républicains ; désormais l’homme ne doit son salut qu’à lui-même.

 

 

 Ce qui n’était pas rien aux portes de la Vendée provençale !

 Le 2 août 1908,  ce sont les premiers tours de roues de la charrette de la Madeleine, couverte de  feuilles de buis, de petites fleurs des jardins, zinnias et reines-marguerites, que surmonte une forêt de drapeaux tricolores.

Sur le cliché qui immortalisa l’événement, de toutes jeunes filles posent pour le photographe, ceintes d’écharpes bleu- blanc- rouge. Les  bonnets phrygiens n’apparaissent pas sur la photo mais ils sont bien présents encore de nos jours. On peut imaginer aisément que les chevaux défilèrent aux accents de la Marseillaise qui recouvrait ainsi son sens initial de chant révolutionnaire. Tout comme la Carmagnole, chant que reprenaient les troupes républicaines en se lançant à l’assaut des insurgés  vendéens.

Sans oublier Le temps des cerises, en souvenir de la commune de Paris et bien entendu l’Internationale, « cette suite prolétarienne de la Marseillaise » comme sut si bien le dire Jean Jaurès dans un long plaidoyer en sa faveur publié le 30 août 1903 dans la petite république socialiste.

Malgré les aléas, les interruptions durant les deux guerres, cette même charrette fêtera son centenaire le 3 août 2008. Et pourtant, elle en a connu des évènements épiques !

 Au moment du Front populaire en 1936 par exemple, où les radico-socialistes s’opposèrent aux communistes qui voulaient la couvrir de grands drapeaux rouges !

 Certains charretiers à la vue des chevaux aux sabots peints en rouge, décidèrent de ramener leur bête à l’écurie.

Quelquefois c’était le représentant de l’état qui s’en mêlait.

Gilbert Brocarel ne se rappelle plus l’année avec exactitude, 1948 peut-être ? Le préfet de l’époque s’émue d’apprendre que l’Internationale  pouvait être jouée dans la rue et considéra ce défilé comme une manifestation politique. Il fallut aller rencontrer le Maire d’Arles qui se chargea d’aplanir les choses.

 

 

D’ailleurs, chaque société se prête des chevaux  à  tour de rôle. Paradoxalement, même si la Madeleine est marquée à gauche, les membres de la société sont priés de ne pas faire de politique en  son sein. La société n’accepte pas de subventions venant d’un parti politique. Les seuls versements reçus proviennent de particuliers ou de commerçants. Gilbert Brocarel avec ses 70 ans et ses 26 années de présidence sait bien de quoi il parle. Son souci actuel c’est d’avoir des jeunes charretiers pour que se perpétue la tradition. Il y arrive et c’est aujourd’hui 72 charretiers qui ont la carte d’adhérent. Une carte qui permet d’être assuré en cas d’accident et bien entendu de mener les chevaux. Quant à la garniture de la charrette, c’est depuis toujours une tâche délicate à accomplir.

 

C’est en 1954 que sont apparus les glaïeuls rouges.

 

Gilbert Brocarel s’en explique : « il faut dire que les jardiniers cultivaient de moins en moins de fleurs. Quelquefois il en manquait ou bien elles n’étaient pas assez fleuries. Alors on est allé à Althen les Paluds où on pouvait ramasser autant de glaïeuls que nous voulions ». Malheureusement la production horticole du village vauclusien s’est mise à décliner et depuis trois ans les fameux glaïeuls rouges viennent de Hollande ! Malicieusement, le Président des Madeleinens  m’explique qu’il ne faut pas qu’ils soient trop rouges pour être du plus bel effet. La couleur adaptée se nomme « l’Eurovision ».

 

Le fleuriste, par taquinerie ldécouvrant la charrette de la Saint Eloi à Rognonas ne cessait de s’exclamer que c’était un émerveillement. Ce qui incita un badaud à leur recommander, au cas où ils repasseraient en Provence, de venir  au mois d’août voir celle de Châteaurenard. Ils revinrent effectivement pour la Madeleine, comblés au point de traîner autour de la charrette,  à la fin du défilé. Tout en prenant d’ultimes photos, l’un d’eux ne put s’empêcher de faire ce commentaire à voix haute : «  Tout de même, à notre époque de jouer l’Internationale !». A leurs côtés, Gilbert Brocarel s’est senti obligé de leur rétorquer : «  Et vous lui reprochez quoi à l’Internationale ? ». Interloqués, incapables de lui répondre, ils se résignèrent à écouter leur contradicteur devenu pédagogue. Celui-ci se borna à faire un exposé comparatif des paroles contenues dans la Marseillaise et l’Internationale. Le couple fut convaincu qu’à ce petit jeu, « le sang impur » de l’hymne national ne plaidait pas en sa faveur…eur avait aussi proposé la variété « Charles de Gaulle », mais ils préférèrent en rester à celle de « l’Eurovision ». Finalement, des glaïeuls hollandais dénommés « eurovision », pour garnir une charrette qui défile au son de  l’Internationale,  cela n’a rien de malvenu.

 

Ah ! L’hymne d’ Eugène Pottier et Pierre Degeyter, lui et encore lui ! Que de commentaires n’a-t-il pas suscités! Gilbert Brocarel et sa femme Suzanne, ont des anecdotes à n’en plus finir sur le sujet.

 

Tel ce couple devant le cercle des maraîchers, où la femme dit à son mari : «  elle est belle cette charrette, dommage qu’elle soit communiste », et de s’entendre répondre par une native du pays : « sûrement, elle n'est pas de droite, mais c’est pas parce qu’on joue l’Internationale qu’elle est communiste ! ».

 

 Et cet autre couple, qui 

 

Il y a aussi tous ceux qui, à l’inverse, sont émus de la réentendre et remercient chaleureusement les organisateurs.

 

En ce qui concerne les traditions provençales, Gilbert Brocarel reconnaît que les membres de la société n’ont jamais eu un rapport évident avec celles-ci. En effet, il n’y a ni costume d’arlésienne, ni « coupo santo » pour accompagner la charrette….Leur costume traditionnel reste celui des charretiers : pantalon bleu, chemise blanche, taillole et béret rouges : les couleurs de la République française. Les mêmes couleurs que celles que portaient son père et son grand-père quand ils menaient les chevaux de la Madeleine. L’évocation du passé, l’amène à se projeter dans l’avenir. Celui de la charrette de 2005 qui sera décorée chez son cousin, au même endroit qu’en 1935 quand son grand-père et celui du vice-président Rousset s’évertuaient à l’habiller des habituels branchages de buis, rehaussés d’un rameau d’olivier[3][3] et d’une branche de chêne[4][4] avant qu’elle ne reçoive les délicates fleurs, le dimanche matin, à l’imminence du défilé. La charrette en 2003

Certains apéritifs pouvaient tourner à la bagarre. Sur le cours principal, le Bar des Sports et le Café Henri IV se faisaient face. L’un était fréquenté par les républicains et l’autre par les monarchistes. Quand la charrette de la Saint Eloi passait, les clients du Bar des Sports manifestaient par des sifflets leur désapprobation ! Mais, quand celle de la Madeleine défilait, c’étaient les habitués du Café Henri IV qui agissaient pareillement.

Ils se rallient à un seul mot d’ordre : « maintenant on ne fait plus bénir la charrette ». Ils créent une nouvelle association en novembre 1907, année encore sans charrette : la société des maraîchers, les « magdeleinens » puis de la « Madeleine ». Ils gardent  tout de même le prénom de la sainte, patronne de l’eau, première pécheresse devant l’éternel et accessoirement sainte locale (les Saintes Maries de la Mer).

 

« Une charrette qui est à dominante  verte le samedi et rouge le dimanche » en conclut Gilbert Brocarel.

Tout en l’écoutant, je me plais à imaginer la métamorphose de celle-ci, du feuillage épais et sombre    à la lumière et à l’éclat que lui donne ensuite l’assemblage des fruits, des légumes et des glaïeuls rouges.

En ces tous premiers jours d’un printemps encore hivernal, je songe au dimanche 1er août à venir et à sa torpeur estivale…….

Jean-Marc Quintana

 

 

 

 

Merci à Andrée Gallucci.

 Entretien réalisé le 23/03/03

 

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