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De New York au vélodrome de Cabannes « L’étoile »!

 

Il s’agit dans cette publication du jour, non pas d’une nouvelle chronique mais d’un complément à une autre écrite en février 2013 intitulée (cliquez sur le titre pour lire la chronique)  :

Dans cet article je reproduisais entre autre ce qu’avait écrit en 1974 monsieur Jean GIRARD dans le journal « la fraternelle » et que je publie aujourd’hui à nouveau tant les témoignages sur notre vélodrome sont rares :

« C'était en 1920 à 1925 CABANNES avait son Vélodrome, et quel Vélodrome. Piste entièrement en terre, virage à 30 degrés, longueur du tour 333 mètres, Tribunes en planches.

Qui ne se souvient des Coureurs, que je livre leurs noms en vrac : Les CURTEL, VILLEPRONTOUX, ALIBERT, BELLAGAMBA, COLLIN, PARIS, CONSTANT, ceux-ci pour la région et RICHAUS de Cabannes.

Les AS : GANAY, HORT, L’AMERICAIN.

Les Stayers : SERES et SERGENT et tant d'autres champions

Nous assistions en cours de ces journées à de belles courses entre régionaux, d'américaines avec les As, complétées par une course derrière moto, celle-ci en 3 manches.

Le Micro n'existant pas en ce temps là, c'est le Père NERI qui, avec son entonnoir de forte taille, faisait l'Annonceur, Eugène VIDAU était au chronomètre, Louis DURAND était au bureau de contrôle.

Le garage était tenu par TANGHERONI.

La Piste avait été dessinée par Maurice DUMAS (Banque Chaix), la terre transportée par Antonin CHAPELET, le travail fait par TANGHERONI.

Cela dit, il faut ajouter le revers de la médaille, qui permettra au lecteur d'apprécier le courageux organisateur Gabriel MOURGUES.

Pendant cinq ans, il résista de son mieux, mais contre lui son ennemi N° I était la pluie.

C'est ainsi que, pour chaque réunion, et cela durant 15 jours, il fallait Enlever l'herbe, boucher les trous, arroser avec l'arrosoir, tous les jours faire durcir la terre pour que la piste ait un semblant de béton, coller les affiches, préparer des réceptions,

recevoir les coureurs qui arrivaient dans la matinée, pour assister, l’âme en peine, et cela entre 10 et 14 heures, à un orage ou pluie qui, en moins de cinq minutes, rendait la réunion impossible, ce qui faisait dire aux mauvaises langues : " demain courses de bicyclettes il va pleuvoir ", tellement cela se répétait.

Gabriel MOURGUES, pionnier en la matière, su donner à CABANNES, un éclat particulier, puisque immédiatement des Vélodromes se multiplièrent dans la région ,

Posant la question à Gabriel MOURGUES. Combien d’entrées pour une belle journée : "La plus grande pour moi fut de 1400 à 1600 entrées " Mais beaucoup n'arrivaient pas à I000.

Découragé, les entrées s’amenuisant, le Vélodrome périt sous les roseaux. Il fut vendu à LAZARONI qui y construisit sa Maison et BENEDETTI le coin à garage de vélos . »

Peu de témoignages, pas de photographie,...notre vélodrome semblait s’être fait complètement oublier de toutes traces au regard de l’histoire.

Mais voilà, ma curiosité du moment, rafraichissement oblige,  m’a conduit ce matin à repérer un petit encart dans le journal « L’auto » du samedi 18 octobre 1920.

C’est donc dans le chapitre CYCLISME, après que soient annoncées des réunions à Turin, Zurich, Lyon, Milan Lisbonne et bien sur en Belgique que publicité était faite pour celle de Cabannes !

Ainsi, notre vélodrome a désormais une trace et une existence journalistique concrète, mais de plus il DEVAIT porter un nom : « L’étoile »…

Ces quelques petites lignes sont donc précieuses.

L’ami Daniel Gros le savait il ? Ce qui est probable c’est qu’il doit savoir ce qu’est une course à l’américaine, compétition de cyclisme sur piste se disputant avec des sprints intermédiaires et courue par équipes de deux coureurs. Le classement s’établit à la distance et aux points gagnés par les coureurs.

Mais ce qui est moins connu, c’est que ces courses, avant de venir à Cabannes, elle sont apparues pour la première fois au Madison Square Garden de New York !

Cabannes, le 4 avril 2022

J. Rousset

 

PS :

L'Auto fut le principal quotidien sportif français du 16 octobre 1900 au 17 août 1944. Fondé sous le titre L'Auto-Vélo , par son emblématique directeur Henri Desgrange, ce titre mit notamment en place le Tour de France.

Le quotidien est fondé sous le titre L'Auto-Vélo à l'instigation du comte Jules-Albert de Dion, en raison des prises de position dreyfusardes à l'opposé des siennes du directeur du journal Le VéloPierre Giffard. Une guerre s'engage alors entre les deux titres. L'Auto-Vélo s'incline lors de la première manche en perdant en justice en janvier 1903 une partie de son titre, trop proche de celui de son concurrent. Le journal devient L'Auto  en 1903.

Alors que le cyclisme est le sport roi en France, cette perte d'appellation peut s'avérer fatale. Mais L'Auto réagit en créant le Tour de France sur une idée de Géo Lefèvre, associant ainsi à jamais son nom à celui de la plus prestigieuse des épreuves cyclistes. Le Vélo ne se remettra jamais de cette innovation.

« L’auto » fut interdit de parution en 1944 car il était considéré comme ayant été favorable à l'Occupant allemand.Il faut savoir que le capital de sa société était pour l'essentiel passé entre les mains de l'Occupant dont le délégué était Albert Lejeune. Celui-ci avait mandat de la « Propaganda Abteilung in Frankreich », instrument de contrôle de la presse. Cela lui a valu d’être arrêté après la Libération. Inculpé d’intelligence avec l’ennemi, condamné à mort, il est exécuté à Marseille le 3 janvier 1945.

Jacques Goddet, reconnu pour ses capacités en matière de presse sportive, est, en 1946, autorisé à lancer un nouveau quotidien, L'Équipe. Dès lors, ce titre occupe de fait la place de L'Auto, dont il reprend du reste les structures. En 1947, Jacques Goddet relance le Tour de France dont il partageait déjà, avant la guerre, la direction avec Henri Desgrange.

 

 

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