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 L’arbre de la liberté, Henri V et "la vérité, non la passion, la bonne foi, non l’esprit de parti."

Décidemment la météo du moment en cette fin mars, incite à de nouvelles curiosités...C’est donc sur le web, sur le net ou sur la toile que l’on peut trouver quelques traces de l’histoire de Cabannes...Aujourd’hui cette curiosité m’a conduit à découvrir un petit article paru le mercredi 12 février 1851  dans un journal portant le titre de «  Le journal des faits » .

Ce quotidien est paru de 1850 à 1854 et affirmait dans ses sous titre : «  des faits, non des paroles, exposer, non discuter » et encore « la vérité, non la passion, la bonne foi, non l’esprit de parti »…

En cette période électorale, ce type de média serait fort utile ! Bref ! Revenons en à cet article qui rendait compte à la France toute entière d’un évènement survenu dans notre commune et qui démontre que la passion et les combats politiques entre Cabannais devaient être (pour le moins) forts vifs….

Je porte donc à votre connaissance cet article.

 

L’objectif de cette brève à caractère historique n’est pas de vous faire part d’une longue étude sur le sujet. Sachez simplement qu’il convient de resituer quelques éléments du contexte.

Nous sommes en 1851, trois ans après la révolution française de 1848 qui aboutira à l’éphémère deuxième République et à la fin de la monarchie de juillet, parfois dénommée « révolution de Février »,

Nous sommes donc en 1851, trois ans après l’élection en qualité de président de Louis Napoléon Bonaparte , un après la loi Falloux et l’année du coup d’état de ce même Napoleon III…

A Cabannes, le 30 juillet 1848 les élections municipales avaient élu la liste républicaine libérale ROUBAUD par 210 voix contre 165 à la liste Bonapartiste...Mais le 10 avril 1851 une autre élection municipale fit que la liste bonapartiste de Pierre FERRIER fut élue avec 180 voix contre celle de ROUBAUD qui n’a recueilli que 130 voix….Le climat devait donc être très tendu.

Mais pourquoi couper un arbre de la liberté ?

Un peu partout en France les plantations d’arbres de la liberté se multiplient au printemps et à l’été 1792 : la France, en guerre contre l’Autriche, est saisie d’un élan patriotique, et la défense de la patrie se confond avec celle des conquêtes de la Révolution. L’arbre devient donc un symbole fort de l’idéal révolutionnaire. Il semble selon ce témoignage qu’il y avait bien un arbre de la liberté à Cabannes.

Plus tard, le gouvernement de Louis XVIII donna des ordres rigoureux pour déraciner ces derniers emblèmes de la Révolution. En grande partie abattus ou déracinés sous la Restauration les arbres de la liberté devinrent donc très rares dans les villes, mais on en voyait encore dans les communes rurales. Manifestement, c’était le cas à Cabannes.

Mais en 1850 un évènement national allait suvenir. Un ordre du préfet de police Carlier, fit abattre presque tous les arbres de la liberté de Paris et faillit faire couler le sang dans les rues de la capitale. Est ce en lien avec l’évènement à Cabannes ?

Dernier élément à prendre en compte : mais qui était donc cet Henri V ?

Si les propos rapporté témoignent de violence, l’évènement lui témoignent sans doute d’une forte implantation locale de forces royalistes.

En fait il s’agissait d’ Henri d'Artois plus connu sous son titre de courtoisie de comte de Chambord, né le 29 septembre 1820 au palais des Tuileries à Paris, et mort le 24 août 1883 au château de Frohsdorf en Autriche. Il était le petit-fils du roi Charles X, chef et dernier représentant de la branche aînée et française de la maison de Bourbon, il s’était désigné prétendant à la Couronne de France de 1844 à sa mort sous le nom d'Henri V.

Je n’en dirai pas plus pour respecter l’esprit du journal qui nous fait parvenir aujourd’hui un évènement qui concerne l’histoire de notre commune : «  des faits, non des paroles, exposer, non discuter » et encore « la vérité, non la passion, la bonne foi, non l’esprit de parti »…

Mais, si l’heure est venue de conclure, je ne peux le faire sans me rappeler avoir été témoin de la plantation d’un autre arbre de la liberté devant la mairie dans les années 1990 à l’initiative du maire de l’époque monsieur Francis Mistral.

Enfin, comment ne pas faire le lien avec la période électorale que nous connaissons ? N’y a t-il pas d’autres arbres de la liberté menacés ?

Espérons au moins à Cabannes qu’il n’y ai plus jamais de « maire assisté de son adjoint, de son secrétaire et de son portier » qui en donne l’ordre.

Cabannes, le 31 mars 2022.

 

PS : Vous pouvez vous aussi contribuer à l’écriture de ces petites brèves historiques sur l’histoire de notre commune...documents, photos, témoignages...Vous pouvez me contacter par mail : roussetjacques@outlook.fr

 

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