Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ce matin 11h, je me suis rendu à la cérémonie des vœux dit "du maire et du conseil municipal" à la population.

Mieux qu'un compte rendu pour celles et ceux qui n'ont pu se déplacer voici quelques images saisies...L'accueil, des élus, le public, le discours,lucien et Marie Jeanne....

Parmi les nombreux éléments qui seraient à rapporter, deux ont attirés mon attention.

Le premier est que le Maire n'a pas hésité à l'occasion de ce moment de rassemblement Républicain à afficher son soutien partisan aux candidats de l'UMP à la prochaine élection départementale.

Cette petite transgression m'a conduit à interrompre un instant son discours pour prendre la parole publiquement et informer la population de Cabannes de ma très possible candidature à cette même élection pour représenter le front de Gauche...

Le deuxième élément est l'honneur émouvant qui fut rendu à Monsieur et madame Latil pour leur 75 ans de mariage....Je me suis donc souvenu qu'il y a quelques mois j'avais rencontré ce couple et que de cette rencontre une chronique historique avait été écrite que je ré édite pour l'occasion juste après les images.

VOEUX et campagne électorale!
VOEUX et campagne électorale!
VOEUX et campagne électorale!
VOEUX et campagne électorale!
VOEUX et campagne électorale!
VOEUX et campagne électorale!
VOEUX et campagne électorale!

« Des Alpes de haute Provence à Cabannes en passant par la Poméranie… amour et sobriquets »

L’heure est venue d’évoquer notre dernière rencontre, mais nous n’oublierons pas nos premiers interlocuteurs Cabannais.

Cette rencontre s’est déroulée il y a quelques jours et il s’agit de Marie Jeanne et Lucien Latil.

Accompagné de Nicole, sa fille, et de Robert, nous entrons dans la cuisine, nous nous asseyons, et d’emblée M. Latil m’interpelle : « Tu sais quel âge j’ai ? ».

Ne me laissant pas le temps de répondre il continue et s’exclame « 98 ! », je suis du mois d’octobre et ma chérie a 4 ans de moins que moi »…et enfin : « 74 ans de mariage »

Puis, un peu comme un journaliste, je lui demande quel a été son parcours que nous ne retracerons pas longuement ici. Nous en donnerons juste quelques repères.

C’est bien volontiers que M. Latil s’engage dans l’exercice avec précision et sous le contrôle de Marie Jeanne, résumons donc.

En 1915 naissance de Lucien à Aubignosc dans les Alpes de Haute Provence, certificat d’étude primaire à 11 ans, à 12 ans il quitte l’école et travaille à la ferme avec son père, à 16 ans vient pour la première fois à Cabannes se faire employer chez M. Molinas dont le surnom était « Barbut ».

Son salaire était de 2F50 les mois d’hiver et de 4F50 les mois d’été…Lucien nous informe qu’il est reparti dans les Alpes à Lancel en 1935, ce qui fait intervenir Marie Jeanne qui commente ; « Il faisait un peu le boumiam ». Puis dit il, « j’ai reçu pour partir au régiment » tout en précisant qu’à l’époque cela durait 2 ans. Marie Jeanne, toujours très attentive rajoute « et après il a encore plus mal tourné, il est devenu gendarme ! »

En effet en 1939 à la veille de la guerre qu’il reçoit pour faire un stage de gendarme à Marseille…La guerre éclatera le 1er Août et Lucien part sur les lieux des combats, près de Reims où son bataillon est encerclé…il est fait prisonnier. Il raconte son voyage à 60 dans les wagons pour aller à Neubroudebourg en Poméranie où il demeurera 15 mois prisonniers jusqu’à sa libération pour rejoindre la base de Satory.

Et soudain, Marie Jeanne m’interpelle : «juste il a oublié qu’il s’était marié avant ! »

J’apprenais effectivement que c’est en février 1940 à l’occasion de 3 jours de permission que Lucien et Marie Jeanne se sont marié à Cabannes et que pour l’occasion il avait emprunté à un copain un pantalon long car il n’avait qu’une culotte de cheval et des guêtres en cuir pour le service.

A propos de cette relation unique je retiendrai ces expressions. Elle : « Et puis un homme qui vous chéri tous les jours… » et lui agrémenté d’un sourire malicieux : « ma femme a toujours été assez gentille ». De cette union naitra en juin 1945 nicole « un des plus beaux jours de ma vie…avec Marie Jeanne nous sommes les 2 plus heureux »

Puis il y eu la libération, Baden Baden, une affectation à Saint Hillarin pour aller garder le maréchal Pétain, une grève des mineurs à Alès, le contrôle des trains à cause des sabotages pendant la guerre d’Indochine par les communistes…

Lucien rapporte ensuite un évènement qui va réorienter sa vie.

En 1951, il est envoyé à Marseille pour recevoir 24 cercueils de gendarme tués en Indochine. Peu de temps après on lui propose de passer au grade supérieur. Très marqué par l’évènement, et conscient qu’accepter était synonyme de départ en Indochine, Lucien fait le choix de prendre sa retraite et de mettre un terme à sa carrière militaire pour commencer une autre avec Marie Jeanne, celle d’agriculteur à Cabannes….Voici donc son témoignage écrit en 2010 et qui illustre l’activité d’un agriculteur de Cabannes dans les années 50/60

« Nous voici à Cabannes au mois de novembre 52. j'ai un congés avec solde d'absence jusqu'en février 53. Notre grande fille Nicole a eu 7 ans au mois de juin 52. c'est une gentille gamine qui va à l'école primaire de Cabannes.

Avec Marie Jeanne nous commençons une nouvelle vie d'agriculteurs. Nous avons à demi profit avec le tante Clara,sœur de ma belle mère, qui nous a fait construire un petit logement de 4 pièces à côté d'elle dans les dépendances de sa maison. Le terrain de 2 hectares, plus le terrain de mes beaux parent (une parcelle à Ste Madeleine,une au quartier du Devens, une chemin de St Andiol) le tout représentant environ 1 ha et demi II y a dans ces terrains des pêchers en production une petite vigne douze cerisiers et 1 ha sans rein. Dans ce terrain là je vais planter des aubergines,des tomates poussées en plants sous châssis vitrés pour avoir la précocité.

A l'époque le marché était quotidien à Cabannes. Je vendais ma récolte au marché journalier où se trouve actuellement le stade de ballon par la suite le marché de Cabannes a été supprimé et je suis aller vendre mes produits à Cavaillon ou les acheteurs étaient plus nombreux avec des camions en provenance des localités environnantes.

Pendant que j'étais au marché, Marie Jeanne cueillait les aubergines,les autres légumes, les poires, et autres fruits. A mon arrivée je ramenais les mussys plein avec un mulet et son traîneau. Puis j'ai acheté un vieux tracteur pour avoir plus de facilités pour le sulfatage des pucerons et le transport des marchandises du terrain à la remise. L'après midi nous préparions les fruits et légumes dans des emballages appropriés pour le marché du lendemain.

La deuxième année nous avons loué un terrain d'un hectare à 2 dames âgées à 500 m de chez nous. Nous y avons planté des aubergines et j'ai commencé à faire des pépinières fruitières a cette époque les fruits se vendaient bien et beaucoup d'agriculteurs plantaient des arbres pêchers, abricotiers, poiriers, cerisiers.

Pendant la période agricole dans les années 1960-65 je suis allé tailler chez plusieurs propriétaires à Cabannes et dans les hautes alpes. »

L’entretien touche à son terme, et c’est autour d’un verre de vin de noix me souvenant que Paul Lapeyre était surnommé « L’anchoia » et que Madeleine Vouland m’avait remis un document du cercle généalogique du Vaucluse qui mentionnait que vers 1750 à Cabannes vivait Jacques Aufan dit Colot, Anne Audifren dit Saquette, Joseph Roubaud dit Suble, Joseph Imbard, dit le Bret ou encore Dominique Bernard dit Ningau, que j’interroge notre petite assemblée d’un soir sur le souvenir de surnom ou sobriquet.

Je vous livre ce que j’ai pu noter vous compléterez sans doute :

Coucourdet, Barbut, L’anchoia, lou rat, de sicette, Merlusse, Bacala, Monoprix, Badaïre, Beu L’aïgue, du charcutier, Blanc de figue, Bigarot, li cacalaou, Quéquében, Thérèse di bos vert, le borgne, crochet-maillette, cou-cour, parpaioun, de granouillet, la bouroulette, le diable, Saraye, Monaco , chacha, l’oiseau,, queue d’acier, l’étalon, le chat botté et en fin j’en livre un dernier accompagné de son identité, il s’agit de Schrun autrement appelé Pierre Caréna.

Partager cet article

Repost 0