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L’hospice, le   nom   de   ces   braves gens, la tire-lire des déshérités de la vie et grande charte républicaine de la liberté municipale 

 

Nous étions, une fois de plus, réunis autour d’une table… chez Maguy bien évidemment, nous papotions dans Cabannes d’une chose et d’une autre…d’une nouvelle chronique.

C’est ainsi que Frédéric invita Pierre à porter son regard vers la maison de retraite et sur deux anciennes photographies. L’une est sous titrée « Frédéric Vidau, maire de 1877 à 1888 », l’autre non…Il n’en suffisait pas plus pour me tenter d’aller à la recherche de quelques repères historiques concernant notre maison de retraite, autrement appelé de nos jours Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.

 

Cet « EHPAD » porte dans la nomenclature règlementaire le nom « de la Durance » depuis la fusion des établissements de Noves et de Cabannes le premier janvier 2004, mais affiche toujours et fièrement sur son fronton le nom d’Eugène Blache.

 

C’est donc tout naturellement vers le livre écrit par Léopold Vidau en 1913 (et oui, encore !)  que nous pouvons trouver ces repères et qu’il est nécessaire de rappeler.

Le titre de l’article n’était pas EHPAD mais HOSPICE et dès les premières lignes nous apprenons que :

« Le premier hospice qu’ait possédé la Ville était situé rue Royale; il fut fondé en l634 par Mr de Gérente de Bruyère, seigneur de Sénas et co-seigneur de Cabannes ; il occupait le local désigné  sous  le nom « d'Hôpital » ; ce local  est la  propriété du  Bureau de Bienfaisance. »

Cela m’a conduit à relire un passage d’un autre manuscrit, non édité, écrit de la main de Monsieur Vidau et qui nous apprend qu’un bureau de bienfaisance autrefois nommé « l’hôpital » était situé dans « la rue royale » (la gran’ rue) sur une parcelle cadastrée numéro 279. Nous apprenons aussi que la fondation de cet établissement remonterait au quinzième siècle…En voici la copie :

Rappelons aussi que les bureaux de bienfaisance (ancêtre des CCAS, centre communal d’action sociale) sont issus de la loi de 1796. En effet sous l'Ancien Régime, l'église avait le monopole de la charité publique, la Fraternité entre tous les citoyens devenant avec la Révolution une obligation, les municipalités ont du prévoir l'aide aux indigents, orphelins et malades. 

Puis dans son écrit sur « l’hospice » Monsieur Vidau écrit :

« Mr   Eugène   Blache,   Maire du   3   Novembre   1862 au 4 septembre 1871* (décédé le 25 Septembre 1885), laissait à la Ville par testament olographe : un terrain sur l'avenue de St-Andiol, pour y construire   un   hospice, la somme nécessaire à cet effet et une rente annuelle de 3.5oo francs pour son entretien.

Agrandi en 1912-1913, il est d'un style élégant ; l'intérieur en est très bien compris et contient douze lits.   Un joli parterre et un jardin fruitier l'encadrent fort agréablement.

Depuis sa fondation   quelques   personnes charitables   ont, par legs, grossi la tire-lire des déshérités de la vie ; dans le vestibule une   plaque   de   marbre   porte   le   nom   de   ces   braves gens ; la   Commission de l'hospice y a fait également placer le portait du fondateur. »

* NDLR : je pense que c’est en fait jusqu’au 4 septembre 1971

Le portait du fondateur ? Il n’en faut pas plus pour que j’imagine que le portrait non nommé toujours présent à la maison de retraite soit effectivement celui de son fondateur : Eugène Blache. Je lance donc, à la recherche d’une certitude, un nouvel appel à témoignage….Est ce Eugène Blache ? Je le pense.

Dans l’attente, je vous invite à aller « dans le vestibule » pour voir « la plaque de marbre des noms de ces braves gens »

Une recherche rapide sur le net nous informe aujourd’hui que « Cet EHPAD public est installé dans un petit village. L'établissement est constitué de deux bâtiments ; l'un ancien entièrement rénové et sur l'arrière, l'autre, neuf. Il accueille, dans de bonnes conditions de confort, trente-huit résidents de toutes dépendances. Son décor est soigné et sympathique. Ses chambres sont toutes individuelles et bien équipées. Sa cuisine est préparée sur place….»

En 1913, Léopold Vidau en faisait alors la description suivante : « Le service hospitalier est assuré par trois Sœurs de Charité, et le    service    administratif    par    une    Commission    composée de deux Membres pris dans le Conseil municipal et quatre en dehors. »

En écrivant cette petite chronique, je me suis dit qu’il s’agissait bien plus que d’aborder l’histoire de Cabannes, mais aussi celle de l’organisation des prises en charge médico sociales et de soins, de la place et du rôle des municipalités aussi …

A ce sujet et pour cheminer dans l’histoire, je dois dire qu’il tout a fait légitime qu’un maire ai son portrait dans un « hospice ».

Eugène Blache fut maire de la commune de 1862 à 1870…Puis de 1870 à 1878, quatre maires se sont succédés jusqu’à l’élection de Frédéric Vidau qui fut élu jusqu’en 1888, année de l’élection de Félicien Goudemard qui sera entre autre au côté de Léopold Vidau et d’Eucher Ferrier membre fondateur du « Sou des écoles laïques de Cabanes » en 1902.

Cet aspect là, me conduit subitement à avoir maintenant le désir de ne pas conclure immédiatement, au bénéfice de quelques curiosités historiques supplémentaires concernant l’élection ou la désignation des maires pendant cette période…Excusez moi ! Je me suis donc rendu sur le site de M. Baudoin.

Rappelons en effet qu’en 1851 Louis-Napoléon Bonaparte faisait un coup d’Etat, et que le 2 décembre 1851 il s’empare du pouvoir. Les maires et les conseils municipaux républicains sont révoqués, remplacés par des maires nommés. C’est à cette époque qu’il y a eu la suppression des inscriptions « Liberté - Egalité - Fraternité » sur les mairies, et l’abattage des arbres de la liberté… Ne l’oublions pas !

L’Empire est rétabli en 1852. Les élections municipales se feront en 1855, puis tous les cinq ans, pour élire les seuls conseillers municipaux car le maire est nommé par le préfet.

Le Second Empire accepte que tous les citoyens votent, mais ne tolère guère les opposants. Rappelons aussi que pendant cette période, le garde champêtre, la veille du scrutin, portait à chaque électeur le bulletin officiel… Le candidat de l’opposition, lui, distribuait lui-même ses bulletins !

 

Eugène Blache aura donc été (nommé sans doute) maire de 1862 à 1870.

Les dernières élections municipales du Second Empire eurent lieu en août 1870.

Dans son livre monsieur Vidau informe du résultat du plébiscite organisé par Napoléon III, sous la présidence à Cabannes d’Eugène Blache : Votants : 229…OUI : 119…NON : 108. Il convient de rappeler que le NON avait alors recueilli plus de 50% que dans un seul département : le notre.

Après la défaite de Sedan, le 2 septembre 1870, la République est proclamée le 4 du même mois, et les préfets de la nouvelle République nomment les maires par décret.

Dans son livre, Léopold Vidau mentionne que Vidau Joseph est maire du 6 septembre 1870 au 7 mai 1971.

La guerre n’est pas finie. Le 18 mars 1871, c’est « la Commune » dissoute le 28 mai suivant dans le sang. Le 4 avril, une loi municipale transitoire est adoptées et dans chaque localité, les opérations électorales sont organisées et dirigées par l’élu d’août 1870…

Castagny Vincent Calix est maire de Cabannes du 7 mai 1871 jusqu’en 1876.

Le 24 mai 1873, Mac-Mahon est président de la République. Le pouvoir central a le droit de nommer tous les maires. Les élections municipales fixées au mois d’avril 1874 sont reportées à l’automne et les préfets sont invités à changer autant de maires qu’ils le jugeront utile !

Lors des élections municipales de 1874, à Paris, les républicains remportent 70 sièges, les monarchistes 10.

En attendant le vote d’une loi définitive, les députés annulent la loi de 1874 et rétablissent celle de 1871.

Sabatier Gabriel est maire de Cabannes en 1876 puis Barrailler Louis jusqu’en 1877.

Les élections municipales prévues pour fin 1877 sont repoussées à janvier 1878 et c’est à cette occasion que fut élu… Frédéric Vidau, dont le portrait est toujours présent à la maison de retraite.

 

C’est en 1884 qu’est promulguée la loi municipale toujours en vigueur : loi dite « la grande charte républicaine de la liberté municipale ». Les républicains remportent les élections de mai.

La loi de 1884 qui favorisa la construction de mairies-écoles ou la disparition des crucifix dans les locaux scolaires, fit aussi en sorte, précise Léopold Vidau, de garantir la publicité des séances. Il semble que 5 jours seulement après sa promulgation, Frédéric Vidau présida une séance publique à Marseille.

 

Ce même Frédéric Vidau qui a son portrait exposé à la maison de retraite…

 

Nous voila de retour chez Maguy…Fredéric, Pierre, n’ai je pas été un peu long ? Ou comment deux images nous conduisent à faire un long détour historique !

 

 

HISTOIRE DE CABANNES: L’hospice, le   nom   de   ces   braves gens, la tire-lire des déshérités de la vie et grande charte républicaine de la liberté municipale
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