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Histoire de Cabannes : Mistral, Vidau, Politique… et Plan de Cabannes en 1902

1914….il y a cent ans Frédéric Mistral disparaissait.

2014, les commémorations se multiplient et il est plus que légitime que notre commune sous l’impulsion de l’association les « Recouleto » s’associe à cet évènement…

Légitime au regard de l’histoire de la Provence et de celle de notre commune, mais surtout légitime au regard des liens très étroits qui unissaient Frédéric Mistral et Léopold Vidau, tous deux passionnés et ardents défenseurs de la langue Provençale, tout comme l’était Adolphe Dumas ce « Cabanen » né à la chartreuse de Bonpas.

 

Ainsi, à l’heure d’écrire « presqu’en direct » une nouvelle petite chronique historique, à quelques jours du samedi 17 mai où Mistral sera à l’honneur à Cabannes, j’ai ressentit spontanément le besoin d’avoir quelques curiosités sur le rapport à la politique au début du siècle dernier…

Est ce la proximité à peine passée de la période électorale ? Sans aucun doute un peu, mais c’est surtout la nécessité de mieux comprendre l’engagement d’un homme qui aura marqué l’histoire de Cabannes et le désir d’en savoir plus sur ses relations politiques avec Mistral et les félibres à une époque où les débats entre « les rouges et les blancs » étaient très vifs.

Je fis donc une recherche rapide sur un « moteur de recherche », et tomba sur un livre écrit par Achille Rey en 1929, édité à Cavaillon et intitulé : « Frédéric Mistral, Poète Républicain »

Je vous invite en cette période commémorative à en prendre connaissance.

Ceci étant l’objet de cette chronique n’est pas de relancer le débat mais d’en approcher très succinctement le contexte de l’époque, un passage de l’introduction attira mon attention par le simple fait que M. Vidau était cité pour ne pas « être un réactionnaire ».

L’auteur raconte qu’il avait traité dans un journal qu’il dirigeait tous les félibres de réactionnaires. En réponse, dans le journal l'Humanité du Sud-Est du 18 avril 1909, il lit une   lettre  de  M.  Anfos  Martin,  inspecteur  primaire  à  Montélimar,  historiographe d'Agricol Perdiguier.

Anfos Martin  lui disait:

« Vous  traitez,  dans  le  dernier  numéro  de  votre  journal,  tous  les  félibres  et  les  Cigaliers  de réactionnaires permettez-moi de vous dire que vous avez tort de généraliser ainsi.

Félix  Gras,  Capoulié  du  Félibrige,  l'auteur  des  Rouges  dóu  Miejour,  n'était  pas  un  réactionnaire; Baptiste Bonnet, l'auteur de Vido d'enfant, qui a présidé, l'année dernière, le banquet de La Mióugrano d'Avignoun, n'est pas un réactionnaire; Louis Charrasse, le fondateur et le directeur de L'Armana dóu Ventour e dis Aupiho, Léopold Vidau, le co-directeur de cet almanach et le gérant du nouveau journal provençal les Regalido, ne sont pas des réactionnaires. »

 

Léopold Vidau n’avait rien, mais rien c’est sur, d’un réactionnaire, tout au contraire, et son engagement Républicain à Cabannes résonne encore de toutes ses actions politiques.

Son fils Eugène disait de lui qu’il avait fait trois part à sa vie «  l’une consacrée au travail des champs, l’autre aux occupations et aux luttes de la politique, et enfin la troisième aux études poétiques et historiques. »

Quant à son ami Frédéric Mistral, son parcours en lien avec « le politique » a parfois fait l’objet de controverses, en particulier du fait de ses relations avec Charles Mauras, mais nous retiendrons volontiers en mémoire ces quelques vers écrit en 1848 dans un poème intitulé « Le chant du peuple » :

Gloire au grand peuple, au peuple magnanime

Dont le courroux brisa la royauté !

Guerre aux tyrans, tel fut son cri sublime

Quand il fallut venger la liberté.
Avec les rois plus de pactes frivoles,

Plus de traités violés tant de fois :
La perfidie inspire leurs paroles...

Guerre éternelle entre nous et les rois !

Quoiqu’il en soit, ce qui est certain, c’est que l’amour de la Provence et de la langue les réunissaient tous.

Cet amour du pays était illimité et animait Léopold Vidau comme en témoigne ces deux vers dédiés à Cabannes :

 

Siéu pacan ? Qu’enchau ? Catau ni mounarco 

Noun sauprien segur t’ama coume iéu

 

Et en français :

 

Je suis paysan ? Que m’importe ? Puissants ou monarques

Ne sauraient surement t’aimer comme moi.

 

Cette passion l’a conduit à publier il y a cent ans un livre sur l’histoire de Cabannes qui mériterait lui aussi, avec recul « notre »   prix Nobel de littérature ou bien d’histoire.

Charles Formentin, dans sa préface, évoquait notre cher écrivain en ces termes : « Nous avons aux environs d’Arles, un paysan que Frédéric Mistral a rendu célèbre : Charloun. En voici un autre pour qui je réclame aussi une place au soleil de Provence : Léopold Vidau. »

 

Pour commémorer ces deux évènements nous publions ci après l’introduction qu’il a écrit de sa main et en provençal, le titre était en français : A mes concitoyens, à mes lecteurs et amis…

Après ces quelques rapides approches commémoratives, l’écriture d’une nouvelle chronique me conduit à évoquer le territoire de Cabannes tel qu’il était il y a cent ans et tel que l’a connu Léopold Vidau, Adophe Dumas et sans doute Frédéric Mistral qui tous ont aujourd’hui leurs noms sur une plaque de rue, de place et bientôt de square.

Cette démarche ne me parait pas d’ailleurs pas totalement inutile à l’heure d’une élaboration du plan local d’urbanisme qui va façonner le territoire pour au moins deux ou trois décennies.

Non, je ne pense pas passer « du coq à l’âne », car le temps et l’urbanisation de ces cinquante dernière années pourrait faire oublier que derrière chaque nom de route, chemin ou quartier, il y a toute une histoire. Je suis donc parti à la recherche de ce village qui faisait dire à Monsieur Vidau  qui s’adressait à Cabannes en ces termes: « Dans les nuits d’été, dans l’herbe embaumée, les yeux vers l’azur, étincelant d’astres, je rêve de toi cité bien aimée, et mes rêves sont, pour toi, débordant d’amour. 

 

Nous connaissons aujourd’hui plusieurs cartes : IGN, cadastrale ou même vu d’un satellite…Elles nous donnent une idée générale de l’occupation des sols mais aussi de l’activité humaine.

Nous en connaissions des plus anciennes ; Cassini ou une d’état major élaborée entre 1820 et 1866…qui nous laissent imaginer ce que cette occupation et cette activité furent dans le passé.

Mais voilà, d’entre toutes il y en a une que j’apprécie particulièrement et que j’ai eu le bonheur d’observer il y a peu.

Cette carte est intitulée « Plan cadastral de Cabannes » et a été réalisé à la main, à la plume et au pinceau, en 1902…

Mais comment ne l’avais je pas vu avant ? En effet le hasard de mes rencontres d’avec des « Cabanen » m’a conduit à plusieurs reprises à rencontrer Madeleine et Robert dont la passion pour Cabannes et son histoire est source d’inspiration et invitation à voyager dans le temps. Combien de fois suis-je passé dans l’escalier sans voir ce plan ? Comment est ce possible ? Bref, lors de notre dernière entrevue il y a quelques jours, cette carte de Cabannes c’est offerte à mes yeux un peu comme une révélation. J’en fis donc rapidement un cliché (pas de très bonne qualité)  et ne puis résister chers lecteurs à vous la faire partager sur le net.

Le village, les rues, les quartiers, les canaux, les maisons, les routes et les chemins….c’était en 1902 à Cabannes, village qui comptait en 1851, 1566 habitants, qui en comptera en 1906,  1830 habitants et cinq ans plus tard 1969 en 1911.

Dans une précédente chronique nous avions évoqué le nom des rues, aujourd’hui je vous suggère de porter, avec l’aide de cette carte, notre regard sur le nom des quartiers de l’époque.

Pour cela, et pour les repérer, je livre à votre lecture copie d’un manuscrit écrit de la main même de Léopold Vidau qui va dans cette chronique nous servir de guide à la (re) visite de ces quartiers, carte en main….

Pour terminer ce petit périple dans le temps sur le territoire communal, je vous livre un dernier texte de notre félibre local, écrit, dans cette période de commémoration dans la langue de Mistral. Il s’agit de la présentation géographique que monsieur Vidau faisait en 1913 de Cabannes.

Merci à Madeleine et Robert pour leur très précieuse contribution, pour leur accueil et pour ces quelques mots échangés en provençal avec le sourire qui nous rappellent bien des choses.

Histoire de Cabannes : Mistral, Vidau, Politique… et Plan de Cabannes en 1902
Histoire de Cabannes : Mistral, Vidau, Politique… et Plan de Cabannes en 1902
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