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Nous travaillons tous pour la France, pour ses enfants en leur assurant une vie nouvelle de paix, de prospérité…

Ce matin je me suis rendu, comme chaque 11 novembre, au défilé de la commémoration de l’armistice de1918 à Cabannes.

L’idée d’écrire une nouvelle chronique est née pendant le défilé, puis face à notre monument aux morts à l’écoute du discours du maire reprenant le communiqué du ministre des anciens combattants :

« Le 11 novembre 1918, à 11 heures, les clairons sonnaient le cessez le feu tout au long de la ligne de front, mettant fin à une guerre que les français dénommèrent aussitôt la grande guerre. »

Dans une chronique intitulée «  Franço per tu li cabanen an  fa co que  poudié », j’avais évoqué le livre écrit par M. Vidau peu après l’armistice à l’occasion de l’édification de notre monuments aux morts « Aux enfants de Cabannes morts pour la France ».

Aujourd’hui, il me semble utile de rappeler des témoignages relatifs au contexte de ces premiers jours de cette « grande guerre ».

Dans une autre chronique j’avais évoqué que c’était le lundi 27 juillet 1914 que l’annonce de la guerre arrive à Cabannes pendant la fête de la Madeleine (voir la chronique intitulée « Lundi 27 juillet, les nuages s’amoncelèrent brusquement à l’horizon »).

Quatre jours plus tard, le vendredi 31 juillet, Jean Jaurès est assassiné dans un restaurant situé près de son journal « l’Humanité ».Cet assassinat met un terme aux efforts qu’il avait entrepris désespérément pour éviter la confrontation militaire. Une grande partie de la Gauche française se ralliera à « l’union sacrée » et participera à un gouvernement d’union nationale créé fin août.

Cette « union sacrée » nous pouvons imaginer en retrouver trace avec, un recul suffisant que nous impose l’histoire, dans ce témoignage écrit de la main même de M. Léopold Vidau en sa qualité de secrétaire de la société du sou des écoles laïques de Cabannes …C’était le 14 août 1914 à Cabannes :

«  La Société du Sou des Ecoles laïques de Cabannes réunie aujourd’hui 14 août envoie son cordial et fraternel salut, à ceux de ses membres appelés pour défendre la Patrie contre les hordes teutonnes dont les actes de banditismes ont soulevé les cœurs de tout le monde civilisé. Aux deux puissants alliés qui combattent à nos côtés pour la même cause, de la justice, de l’humanité de la civilisation. Au vaillant peuple Belge, dont l’énergie et la bravoure en ont imposé au monde entier,

La Société est persuadée que comme tous les Français ses membres feront tout leur devoir. Elle n’en veut pour preuve que, l’ordre, le magnifique élan patriotique que chacun a montré.

La Victoire est à nous. Nous en avons la ferme conviction, la France qui est à la tête de la Civilisation aura à son actif d’avoir détruit l’élan d’un peuple barbare capable de toutes les goujateries, de toutes les vilenies, de toutes les iniquités.

Sociétaires actuellement présents sous les drapeaux pour défendre nos droits de la civilisation, Ayez bon courage, confiance.

Nous travaillons tous pour la France, pour ses enfants en leur assurant une vie nouvelle de paix, de prospérité.

Les membres présents décident à l’unanimité :

1° de venir en aide aux familles de ceux de leurs membres absents qui sont dans le besoin, autorisent le trésorier à verser la somme de vingt francs à la famille de Dumas François et celle de dix francs à chacune des familles de Guirand, Chagne, Dumas Roch.

2° que les membres actuellement sous les drapeaux ne paieront aucune cotisation pour 1914

3° qu’une copie de cette délibération sera envoyée à chacun d’eux

4° l’admission de trois nouveaux membres, M.M. Allemand, Huguenin, Miraton… »

Voilà donc pour ce témoignage du jour.

Mais pour terminer cette chronique, en ce lundi 11 novembre 2013, comme beaucoup de familles en France, je n’ai pu m’empêcher d’avoir une pensée plus personnelle.

Rousset Paul Elie était né le 23 août 1878 à Saumane dans nos chères Cévennes, c’était le frère ainé de mon grand père. Mécanicien et deuxième maître sur « l’Amiral Charner », un croiseur de 4700 tonnes…

Le 8 février 1916, au large Beyrouth, une torpille Allemande touche ce navire qui sombre en 3 minutes faisant environ 300 morts et un seul survivant nommé Carriou.

En sa mémoire je publie d’une part la photographie du croiseur torpillé et cet avis trouver sur le site mémoire des hommes.

Mais si j’évoque le triste sort de ces soldats et de mon grand oncle , c’est qu’il y a une autre raison qui lie quelque part son histoire et celle de Cabannes….Je me suis souvenu qu’en écrivant le livre « Au nom de la République » en 2001, une délibération écrite par Léopold Vidau du « Sou des écoles laïques », relatait la catastrophe du Liberté, cuirassier d’escadre, détruit par un incendie en baie de Toulon fin septembre 1911, et qui avait fait 200 morts…

Citons un extrait de cette délibération écrite à Cabannes par M. Vidau le 30 septembre 1911 :

« …L’ordre du jour porte :

Catastrophe de la « Liberté ».

Affiliation à la Fédération radicale et radicale socialiste des Boûches du Rhône.

Distribution de sabots aux élèves nécessiteux.

Sur proposition du Président le vœu suivant est adopté à l’unanimité :

« Les membres de la Société du Sou des Ecoles laïques de Cabannes, douloureusement émus par l’épouvantable catastrophe maritime de Toulon, adressent un respectueux hommage aux marins morts pour la Patrie ; Une somme de dix francs est votée pour venir en aide aux victimes. ».

C’est en relisant ces lignes que je me suis aussi souvenu d’une carte postale que Paul Elie Rousset avait envoyée comme une prémonition à son frère cadet le 25 octobre 1911…

La voici :

Pour conclure je reprendrai ces mots du ministre en ce 11 novembre 2013 : « Aux hommes et aux femmes morts pour la France, à celles et ceux qui continuent de porter leur mémoire, la France exprime sa reconnaissance et sa solidarité »

Cabannes, le 11 novembre 2013

 

PS: Ne demeure t-il pas une question que posait en 1977 Jacques Brel et que cette chronique m’invite à rappeler… Pourquoi ont-ils tué Jaurès?

 

Ils étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s´appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grands-parents
Entre l´absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d´être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître

 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?

 

On ne peut pas dire qu´ils furent esclaves
De là à dire qu´ils ont vécu
Lorsque l´on part aussi vaincu
C´est dur de sortir de l´enclave
Et pourtant l´espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux cieux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu´à la vieillesse
Oui notre bon Maître, oui notre Monsieur

 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?

 

Si par malheur ils survivaient
C´était pour partir à la guerre
C´était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelque sabreur
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu´ils aillent ouvrir au champ d´horreur
Leurs vingt ans qui n´avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux oui notre bon Maître
Couverts de prèles oui notre Monsieur
Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l´ombre d´un souvenir
Le temps de souffle d´un soupir

 

Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?

 

 

 

Histoire de Cabannes : Nous travaillons tous pour la France, pour ses enfants en leur assurant une vie nouvelle de paix, de prospérité…
Histoire de Cabannes : Nous travaillons tous pour la France, pour ses enfants en leur assurant une vie nouvelle de paix, de prospérité…
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