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Le débat dur la grande métropole Marseilaise s'ouvre aujourd'hui à l'assemblée nationale. Il me parait trés important de porter à votre connaissance la lettre ouverte de l'union des maires intitulée "Au nom d'un million d'habitants des Boûches du Rhône" ainsi que le point d'un vue d'un député de notre département qui proposera une alternative à ce projet.

 

Au nom d’un million d’habitants
des Bouches-du-Rhône

Mesdames et Messieurs les Députés,

À partir du 15 juillet, le Gouvernement soumettra à l’Assemblée nationale un projet de loi, qu’il présente comme un outil de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles, parmi lesquelles celle d’Aix-Marseille Provence.

Nous, maires et présidents d’intercommunalités des Bouches-du-Rhône, refusons le triple déni de démocratie, de justice et d’égalité républicaine, que le Gouvernement entend imposer en fondant les intercommunalités existantes dans une mégapole surdimensionnée, hyper-centralisée, coûteuse, technocratique et finalement inefficace.

Nous demandons à contribuer activement, par une coopération volontaire et intelligente à la prise en charge solidaire et concertée d’une aire métropolitaine attractive, inscrivant Marseille dans une dynamique territoriale et un rayonnement économique, qui lui font gravement défaut.

Nous contestons une loi d’exception contraire à l’intérêt des habitants de nos territoires se traduisant indubitablement par la diminution des ressources communales, l’augmentation des impôts locaux et la réduction des services à nos administrés.

Nous savons que l’harmonisation des coûts n’entraînera aucune économie d’échelle et que cette énorme métropole sera un vrai labyrinthe administratif pour les citoyens, superposant les structures intermédiaires en créant un Conseil métropolitain, un Conseil des maires et un Conseil des territoires.

Nous voulons pouvoir décider des priorités locales sans dépendre d’une gouvernance marseillaise dominante dont on peut remettre en cause la gestion et les choix face à la situation sociale et économique de la deuxième ville de France.

Nous récusons la fausse vision des apprentis sorciers, dont la méconnaissance des réalités locales débouche sur un système trop complexe, désincarné et uniformisé, niant les diversités de territoires travaillant déjà ensemble au risque de ne pas être opérationnel avant de nombreuses années.

Nous appelons à la conscience des députés qui ne voteraient sans doute pas cette métropole pour leur propre territoire et qui se sont opposés à la loi de décentralisation présentée en 2010 par le Gouvernement précédent, alors que le projet de loi actuel est en tous points identique et même plus contraignant. Pourquoi imposer à nos communes une organisation centralisée et refuser la proposition d’une coopération consentie ? Pourquoi autant mépriser Marseille en accordant 15 millions à la métropole alors que 30 milliards sont attribués au Grand Paris ?

Nous, 109 maires et présidents d’intercommunalités des Bouches-du-Rhône, défendons les intérêts d’un million d’habitants oubliés et gravement menacés par cette métropole telle qu’elle nous est imposée. Cette recentralisation, première du genre, pourrait s’étendre dans l’avenir à d’autres communes.

Avec nous, refusez le projet gouvernemental de métropole Aix Marseille Provence."

 

Déclaration de Gaby CHARROUX, Maire de Martigues, Député des Bouches du Rhône à l'occasion de l'ouverture du débat sur la métropole Marseillaise.

« Ce mardi, débute à l’Assemblée Nationale, l’examen du projet de loi de modernisation de l’action publique et d’affirmation des métropoles.

Hier, comme aujourd’hui, la seule réponse adaptée aux enjeux de société, aux enjeux de territoires, aux besoins des populations, reste la Commune.

Hier, comme aujourd’hui, finalement, l’Intercommunalité forcée au travers d’une  Métropole tentaculaire n’est pas une réponse au problème de Marseille et aux difficultés subies par ses habitants depuis des décennies.

Parce que fabriquée dans des laboratoires d’un libéralisme qui se dit moderne et pragmatique, elle renforce l’autoritarisme  et le mépris de l’expression citoyenne.

Parce qu’elle obéit aux doctrines de rationalisation, modernisation, gouvernance, elle n’est pas apte à relever les vrais défis de notre époque.

Devant les écarts qui se creusent entre les populations, les inégalités économiques, sociales, culturelles, quelle autre formidable ambition pourrait-on avoir que de satisfaire les principaux besoins, ceux du quotidien ?

Et notre histoire, l’histoire d’un pays qui commençait à inventer « Les jours heureux », il y a 70 ans, avec Jean MOULIN et le Conseil National de la Résistance, nous montre que c’est dans la Commune et par la Commune qu’on y parvient le mieux et le plus, grâce à la proximité, grâce à la citoyenneté, grâce aux Services Publics.

Oui la Commune est l’échelle la plus pertinente pour y parvenir.

Pas l’Intercommunalité imposée,  pas la Métropole intégrée et centralisatrice qui éloigne le pouvoir de décision des citoyens

Oui, c’est la Commune qui accompagne chaque instant de la journée des populations.

C’est la Commune qui adapte, développe, restreint, multiplie, bref : c’est la Commune qui construit la politique publique durable.

Et quand cette Commune prend le parti de s’opposer aux dérives inégalitaires, libérales, concurrentielles et rentables, elle fait du Service Public, solidaire, garant d’un intérêt : celui de tous.

Elle fait tout ce qui conduit à l’épanouissement et l’émancipation … Elle devient un facilitateur des qualités de vivre.

C’est pour cela, et parce qu’il n’y aura jamais de périmètre idéal, mieux adapté que le sien, que la Commune reste hier comme aujourd’hui et plus que jamais comme demain, la seule réponse !

C’est dans cet état d’esprit que j’aborde le débat qui s’ouvre cette semaine et que je défendrai, pied à pied, les intérêts de nos populations et du Département. »

"Oui à la solidarité avec Marseille, non à la Métropole"

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